Dimanche 22 mai 7 22 /05 /Mai 17:58

19731066.jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20110504_031744.jpgPalme d'or: The tree of life de Terence Malick. déjà en salle et à voir absolument.

 

Grand Prix: ex aequo Il était une fois en Anatolie (Ceylan) et Le gamin au vélo des Dardennes

 

Prix de la mise en scène: Nicholas Winding Refn pour Drive (Sortie France 5 octobre 2011)

 

Prix d'interprétation féminine: Kristern Dust dans Melancholia de Lars Von Trier (Sortie France Eté 2011)

 

 Prix d'interprétation masculine:  Jean Dujardin dans The artist d'Hazanavicius (Sortie France le 19 octobre 2011)

 

Prix du scénario: Footnote de Joseph Cedar (Sortie France fin 2011)

 

Prix du jury: Polisse de Maïwen (Sortie France le 19 octobre)

 

Caméra d'or (meilleur premier film toute compétitions confondues):

Las acacias de Pablo Giorgelli (à la Semaine de la critique)

 

Courts métrages:

Prix spécial du court-métrage : swimsuit 46 de Wannes Destoop

Palme d'or du court-métrage: Cross/Country de Maryna Vroda

Par V@lmito - Publié dans : Cannes 2011
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 22 mai 7 22 /05 /Mai 16:40

19736509.jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20110512_014944.jpgDernière journée du festival, traditionelle journée de rattrapage des films de la compétition, qui donne chaque année lieu à de la torture de méninges pour agencer l'enchaînement des séances en fonction des films qu'on a pas vus, loupés, ou des films portés par les rumeurs.

Pour moi ce matin c'est Habemus Papam de Moretti à 9h. Je retrouve dans la salle Christine accompagnée du beau Duarte. De mon Duarte, avec qui je ne travaillerai plus... Les boules...

Habemus Papam donc. Moretti est au top de sa forme, pour raconter l'histoire de ce Pape élu, qui refuse de se présenter au peuple catholique, et tombe dans un immense questionnement. C'est à la fois une pochade, car tout est prétexte à rire, à gorge déployée, mais intelligemment.

C'est une vraie comédie par les situations, le jeu de Piccoli, et celui de Moretti lui-même, dans le rôle d'un psy appelé au secours par le Vatican. Mais c'est aussi une réflexion profonde sur l'incarnation du pouvoir, qui rappelle forcément le débat autour de Berlusconi, mais aussi qui pourrait s'appliquer à l'incarnation du pouoir par Petit corps malade, notre cher Président.

 

19731065.jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20110504_031744.jpgOn ressort ragaillardis de la projo, même si je commence à faiblire par la fatigue, et que j'ai piqué du nez quelques minutes au milieu du film. Christine nous quitte, et Duarte et moi on tente la reprise du Malick dans la salle du soixantième. Queue en plein soleil pendant de trop longues minutes. Il y a vachement de monde, dont beaucoup d'américains.

11h30 The tree of life commence. Il commence sur un patchwork de séquences, où l'on voit des images de la terre, de l'espace, d'une famille traditionnelle des années 50 dans le Texas, des images de nature. Et une voix off. D'abord citant le Livre de Job. Puis philosophant sur la différence entre la grâce et la vie. Puis c'est le big bang, la cfréation du monde.

 

Puis c'est l'histoire de cette famille, et surtout de ce Père trop aimant, trop cassant, trop éxigeant, qui fini par traumatiser, d'une certaine façon, ses trois garçons et surtout l'aîné. J'en dit pas plus, d'une part parce que c'est dur à résumer, et d'autre part, parce qu'il est plus excitant d'y aller sans savoir ce qu'il en est.

Ce qu'il en est, en réalité, ressemble à un film témoignage d'une grande virtuosité plastique. Une remise en question, à l'âge où l'on se les faits pour vieillir en paix. Une analyse philosophique parfois naïve, à l'américaine, mais poussée dans ces retranchements. Le film bouleverse parfois, tout le temps épate. Et surtout grâce à sa mise en scène. Au delà des images de nature dont on fait souvent le gimmick de Malick, ce sont les séquences de cette vie familiale, souvent muettes, mais qui constituent les 3/4 de ce film de 2h40, qui sont les plus virutosement racontées. Je sors abasourdi, bouleversé par la capacité du film à incarner les souvenirs, à faire resurgir aussi mes propres souvenirs.

 

Avec Duarte on sort ébahis, passionnés. J'ai envie de rester sur cette expérience. De me laisser porter par mes souvenirs d'enfance, de réfléchir à la grandeur et aux mystères de l'univers et de sa création, et de laisser mes yeux lavés et purifiés par cet océan d'images.

 

 

C'est maintenant l'heure du palmarès. D'ici quelques heures le verdict sera rendu. Des films disparaitront de la surface de la planète cinéma. D'autres seront mis en exergues. Déjà, on a l'assurance que dans les selections parrallèles des découvertes ont été faites. Il ne nous reste plus qu'à faire notre propre palmarès de cette compétition, en fonction des films parmi les 20 proposés, qu'on a pu voir.

 

Palme d'or : LE GAMIN AU VELO des frères Dardennes.

Granx Prix: LE HAVRE d'Aki Kaurismaki

Prix de la mise en scène :THE TREE OF LIFE de Malick

Prix d'interprétation masculine: André Wilms dans LE HAVRE de Kaurismaki

Prix d'interprétation féminine: Charlotte Gainsbourg et Kristen Dust dans MELANCHOLIA de Lars von Trier

Prix du scénario: HABEMUS PAPAM de Nanni Moretti

Prix du Jury: HANEZU de Naomie Kawaze et DRIVE de Nicolas Winding Refn

Prix spécial du Jury: MELANCHOLIA de LVT

 

Au total, je donne quasiment un prix à tous les films que j'ai vus en compétition. Le niveau était élevé cette année, surtout en terme de mise en scène. Des enjeux forts, parfois nouveaux (DRIVE), parfois renouvellés (LE HAVRE, MELANCHOLIA). Reste que manquent à l'appel quelques films que j'aurais voulu absolument voir dansla compétition : le Almodovar, MICHAEL, SLEEPING BEAUTY ou le Cavalier. Le palmarès de tout à l'heure redessinera mes envies de cinéma de ces prochains mois...

Par V@lmito - Publié dans : Cannes 2011
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 21 mai 6 21 /05 /Mai 16:13

19720401.jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20110418_034304.jpg19h30, on part pour l'appart', on en a fini pour aujourd'hui. Vais faire à bouffer, on va se poser, se coucher tôt, pour pouvoir affronter le marathon des deux derniers jours. On apprend les premiers palmarès: à la Semaine de la critique, c'est Take shelter qui gagne le grand prix, mais Thé n'a pas aimé. En revanche, les prix de la Quinzaine nous ravissent : Les géants , qu'on a adoré ce matin, a le Prix CICAE et le Prix de la SACD. Le Prix EUROPA CINEMA va à Atmen qu'on a aimé la veille... On a Emmelie d'Ad Vitam au téléphone, qui distribue en France Take shelter, elle débarque avec deux bouteilles de champagne, toute contente du Prix de la Semaine. On refait le monde du cinéma avant d'être rejoints par Tude et son mec, faire une soirée apréro salade champagne. Dodo tôt, mais demain c'est encore grasse mat', réveil à 9h pour séance à 11h30.

 

A 11h30 c'est les retrouvailles avec l'ami Christophe Honoré, dont globalement je n'aime pas le cinéma. Excédé par Les chansons d'amour, indulgent et interessé par Dans Paris, j'y vais un peu à contre coeur, mais JB qui le distribue m'a dit qu'enfin, celui-ci devrait me plaire. On se prépare, on file s'installer, on retrouve Tude, Pierrick, on est avec Burçak  Et on tombe sur une copine de Pyramide qui sort de La source des femmes, qu'elle a destesté, et c'est apparemment ce à quoi je m'attendais, raison pour laquelle je l'avais squizzé volontairement.

 

702728_les-bien-aimes.jpgLes bien aimés est l'histoire de deux femmes, une mère et sa fille, et leur relation avec les hommes. Je ne raconterai aucun pitch de plus. Le film commence comme du sous-Demy imaginé par Lelouch, et se poursuit par de savoureuses séquences entre Deneuve mère et fille. Puis il faut que le film démarre, que l'histoire s'envole. Et là, c'est le drame. Tout est bon pour avancer. Le Sida, le 11 septembre, une mort accidentelle, une envie de bébé, du triolisme, un suicide... Tout est bon dans l'cochon, pour faire avancer un récit qui se veut cochon mais qui ne choquerait même plus le bourgeois. Honoré se vautre dans une facilité déconcertante.

Et le film, qui dure 2h15, n'en fini pas de finir. Une première fin, on se croit libéré, mais non, ça recommence, on saute de quelques années, et on continue à enfiler des perles, aligner des poncifs : c'est mieux d'être aimé ou d'aimer ? Le sexe sans l'amour, c'est possible ? Et l'amour sans le sexe? Et comment on fait les bébés?... J'en peux plus de voir ce film qui n'arrive pas à se finir. J'enrage, je suis coincé dans l'allée, je peux pas bouger, je dois attendre la fin, c'est insupportable. A la fin? c'est la fin: voilà la plus belle conclusion de ce film...

 

Au retour à l'appart', avec Thé on est vénères. Elle appelle le film: "Les mal baisés". Elle est autant insupportée que moi. On a l'impression que Tude a aimé. On se demande pourquoi et comment. A l'appart', après le départ de Cécile pour Paris, on commence à préparer les valises. En milieu d'après midi, alors qu'on a décidé de squizzer le film Turque de la compétition précédé d'une rumeur assez épouvantable, on voit en revenir Solènne qui a craqué et s'est cassée, et Tude et Pierrick qui viennent deviser avec nous. On va forcément se bagarrer sur le Honoré...

 

elena-copie-1.jpg On parle à peine du Honoré, et on file à la clôture d'Un certain regard, où Kusturika donnera son palmarès, et on verra le film Elena, du Russe Andrey Zvyaginstev (J'avais adoré son Retour), en clôture.

Elena est une femme mûre remariée à un homme richissime. Son fis, trentenaire et glandeur  appartient à la classe désoeuvrée. Son petit fils glande, et voudrait échapper au service militaire pour aller à la fac. Mais ça coute cher, il faut graisser la patte des fonctionnaires. Lorsqu'elle demande à son mari de lui donner l'argent pour son petit fils, celui-ci refuse. Peu après, il fait une alerte cardiaque...

Avant même que le film commence, on apprend que le jury lui a donné un Prix spécial. Le film le mérite, il est ample, longs plans séquences élégants qui nous plongent dans cette forme de lutte des classes du XXIèmé siècle en Russie. En plus c'est sur la Symphonie n°3 de Glass. De quoi être captivé, voir scotché. Pendant quelques minutes la fatigue aura raison de moi. Mais je redémarre et assiste à l'effroyable.

 

A l'issue de la projo, on rejoint l'équipe de Pyramide qui sortira le film, pour la fête sur la plage du Majstic. Soirée russe donc, champagne à volonté, vodka, accueil confidentiel, dégustation de foie gras, tables intimes sur la plage, tout est parfait. Après 23h, on doit bouger pour la fête du Pacte pour Drive vu ce matin. Et là, plus aucun souvenir, sinon que j'ai eu une rage de dent à la fête du Russe, que j'ai dû boire de la vodka pure pour endormir la douleur, et que j'aurais, selon les milieux informés, continué au gin to. Pourtant, ce dimanche matin, je me réveille avant que mon alarme sonne, après 5h de sommeil à 7h, pour me préparer pour les séances de rattrapage de la compèt'. Au programme ce matin : habemus Papam de Moretti, puis le Malick.

 

 

Par V@lmito - Publié dans : Cannes 2011
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 21 mai 6 21 /05 /Mai 15:11

19725824.jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20110427_021952.jpgAprès une grâce matinée bien méritée, réveil à 7h30 car on ne commence qu'à 9h à la Quinzaine, pour Les géants, le nouveau film du comédien Belge Bouli Lanners, auteur il y a deux ans du génial Eldorado. Les géants c'est l'histoire de deux frères, Zach et Seth, 13 et 14 ans. Abandonnés par leur mère dans la maison de leur grand-père décédé, ils sont livrés à eux-même à la campagne en été. Le jour où ils rencontrent Dany, ado de 14 ans, ils vont décider de prendre leur destin en main, afin de faire quelque chose de leur vie, et de cette extrême liberté non voulue.

 

19725828.jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20110427_021954.jpg Lanners livre une oeuvre solaire, libre, anarchique, un conte pour gamins, à montrer à tous les pré-ados, en forme de roman initiatique, qui navigue sur le fil de leur jeunesse. Les trois gamins sont parfaits, directs, têtes brulées, ils ne jouent pas, ils actent. Lanners se permet toutes les audaces scénaristiques et de mise en scène. Les situations et les personnages du conte sont là : il y a un grand méchant loup, la magnifique Marthe Keller, en Dame bienveillante, des défis, des pièges, des méchants mais aussi du sexe, de l'argent et de l'amitié.

Il y a surtout les éclats de rire de ces trois mômes splendides, petits hommes fragiles et forts à la fois. Le film est une merveilleuse façon de démarrer la journée et on quitte la salle Thé et moi, avec une énorme banane... En sortant on appelle une dernière fois Le Pacte pour voir s'il y a moyen d'avoir des invitations pour DRIVE, de la compétition, qui démarre à 11h30. On a JB, il lui reste deux invitations, on y file à toute vitesse, et il me rappelle que cette fois-ci, je devrais aimer le Honoré qu'ils ont en distribution et qui est en clôture le soir du Palmarès. On court donc avec Thé à l'entrée de l'orchestre pour découvrir ce Drive si mystérieux.

 

19736495.jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20110512_013048-copie-1.jpgDrive, c'est d'abord le comédien le plus beau de ce festival, Ryan Gosling, magnifique mec qui s'éclate en bagnole. En premier lieu on l'entend avoir un coup de fil bizarre avec recommandations, plan étrange, contrat, argent et 5 minutes d'action. Puis on découvre le plan en question en live.

Enfin, on découvre que le beau Ryan est cascadeur à Hollywood, spécialiste des cascades en bagnoles, mais qu'il est aussi, grace à son "mentor", un génial convoyeur pour les braquages en tout genre. Il sympathise avec sa voisine, et comme à chaque fois, la femme va faire que tout va se détraquer. Il n'est pas la peine d'en dire plus sur le scénario de ce film noir, tellement il est bon de se laisser prendre par cette alambiquée histoire.

Vombrissements, plans machiavéliques, blonde fatale (ou pas ?), cascades, scène d'actions, certains plans sont hallucinants avec acting au premier plan et bagnoles qui volent en arrière plan. Enfin une possibilité de renouveau pour le fim noir Américain. Enfin un acteur sexy qui est bon.

Le film est un poil trop stylisé et envahit par la musique à mon goût, mais c'est une vraie découverte, d'un cinéaste Danois d'ores et déjà adopté par Hollywood. Et qui a réusi à attiser ma curiosité. A la fin de la projo, on sort un peu secoués par tant d'action, de sang et de fureur, mais on a encore du pain sur la planche.

Il est 13h30, on doit être à Un certain regard à 17h, donc on a le temps de monter bouffer se poser 5 minutes et redescendre pour The hunter, de Bakur Bakuradze, découvert avec joie il y a deux ans avec Shultes.

C'est un cinéma aride, impressionnant, mais difficile d'accès. The Hunter est l'histoire d'un paysan en Géorgie qui assume aussi l'éducation de son fils, un élevage de cochons, et de femmes en libération conditionnelles qui viennent travailler pour...... A cet instant Thé m'a perdu. Comme à son habitude elle a tenté de me réveiller. Une fois, deux, trois, 7, 10 fois elle aura essayer puis non, c'est fini, elle m'a perdu. Je n'ai rien vu du film à part les premiers et denier quart d'heure, sur deux heures, ça fait un quart du film. Tant pis, j'suis déçu, Thé a bien aimé. Mais on s'accorde à penser que cet un assassinat de programmer un tel film en fin de festival. Thé me parle de Tarkovski. Moi je lui parle de mon sommeil....

208754.jpg

 

 

Par V@lmito - Publié dans : Cannes 2011
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 20 mai 5 20 /05 /Mai 14:13

thumb.php-copie-2.jpg A peine La conquête terminée, je file à l'appart' pour déjeuner, tenter de dormir une petite heure si possible, puis me préparer pour la montée des marches d'Hanezu, le tout nouveau bébé de Naomie Kawase, ma chérie.

En fait j'ai peur de m'endormir et de pas entendre le réveil, alors je fais la revue de presse, bouffe, vais prendre une douche froide, trois cafés, et je redescends au Palais. Je monte les marches avec Thé et Ben, on est bien placés, à l'orcheste, à deux pas de l'équipe du film. Bob de Niro est fidèle aux films en compèt', il fait le Président sérieux. Naomie arrive entourée d'une belle équipe, la lumière s'éteind, Hanezu commence.

 

Dès premier plan, je reconnais la grammaire cinématographique de Kawase. On se croit dans un documentaire, l'image est simple mais magnifiée. On est sur un site archéologique. Puis des montagnes parlent, à la tombée de la nuit, et racontent une histoire ancestrale d'amour de deux monts pour la troisième montagne. Et les deux combattent à jamais pour ne pas la perdre. Puis commence l'histoire intime, celle d'une femme, de son mari publicitaire et de son amant sculpteur. Et comme les montagnes, les deux hommes vont devoir combattre à mort pour ne pas la perdre. Comme dans ses 4 premiers films, Kawase adopte ce ton qui lui est propre, de raconter un drame intime à travers le rapport des hommes à la nature, à leurre histoire, leur place dans le monde, dans un univers qui ne fait qu'un avec la nature. Comme toujours, elle filme sublimement bien ce qui nous entoure, ces insectes, ces fleurs, ces arbres, cette pluie, qui accompagnent moments de bonheur, de tourment, de questionnements.

 

 

Ce film, au bout d'une heure et demi, est la meilleure raison d'être optimiste pour l'avenir du peuple japonais. Qui jamais ne flanche, au risque de disparaître, mais se battera toujours jusqu'à la mort s'il le faut. Réalisé avant le tsunami et Fukushima, le film n'en est que plus impressionnant. Parce que porteur d'une culture, d'une "identité  nationale" ancestrale. Grace à sa poésie naturaliste, la délicatesse avec laquelle elle conte et raconte, Kawase réussit de nouveau à bouleverser, même si le film est plus rude et abrupte que Shara par exemple. Reste un grand film, une grande metteur en scène, et un grand Peuple.

 

Tout bouleversé et asséché par l'expérience, je suis dans la brume quand on rentre à l'appart'. Ben et Cécile ne sont pas rentrés dans le film, Thé et moi beaucoup plus. A l'heure de l'apéro, on met Canal, où on voit Kawase se faire éreinter par les critiques...

 

715262_director-kaurismaki-and-cast-member-little-bob-dance.jpgOn ne bouge plus mais on se prépare pour la fête du Kaurismaki sur une plage. Rendez-vous à 21h30. On y va tous ou presque, pas de problème pour rentrer, l'ambiance est détendue, festive, et un concert de Little Bob, présent dans le film, est prévu. Vive la vie ! La soirée est géniale, enfin de la simplicité, de la bonne humeur, des rencontres, de la bonne zique. Thé et moi on fait connaissance avec le petit Blondin Miguel, héros du film avec André Wilms. Il est avec sa maman, on taille la discution avec eux. Il a maintenant 14 ans, est tout timide, mais ses yeux brillent autant que dans le film. Je lui demande ses projets au cinéma, et c'est sa maman qui me réponnd : "Oh !  je lui ai dit, tu finis d'abord tes études et quand t'as ton bac tu verras". Elle est adorable, lui intimidé. Puis vient Little Bob toujours en forme, j'aime toujours autant sa zique. Y a pas trop de monde dans la fête, du coup, on peut prendre l'air, discuter, bref, profiter d'un bon moment de décompression festive.

 

J'me barre à l'appart' peu après le concert, faut qu'je dorme, demain on rembraille : la quinzaine le matin, on verra pour la suite. sauf qu'au réveil, je me rends compte qu'on est jeudi, et qu'il y a du boulot. On taffe sur le Malick, La Conquête et Les Dardennes. On reste à l'appart' avec Thé en se battant avec l'ordi portable, je hais les ordis portables, et en relevant les chiffres "premiers jours" de ces trois films sortis la veille. A 14h, on a fini. Je craque et propose à Thé de préparer deux bons steack hachés avec une salade. J'en peux plus de la charcuterie, des grignotages sur le pouce à toute heure. Du coup on se pose et on passe un excellent début d'après midi après le stress du matin. On se donne comme objectif la Quinzaine à 15h pour découvrir un premier film Autrichien: Atmen, de Karl Markovics.

atmen.jpg L'histoire d'un jeune détenu de 19 ans qui partage sa vie entre la prison pour mineurs et son stage chez les pompes funèbres en journée. Le garçon est mutique, un peu rebelle, révolté parfois. On est là dans un cinéma d'une rigueur toute autrichienne: plans surcadrés, une information par scène, le plus souvent des plans fixes, et un chenminement intellectuel implacable. Au début, on n'sait pas d'où on part, puis petit à petit on découvre d'où on vient. Merveilleux film sur la recherche de soit, Atmen, bien qu'un peu aride, est très émouvant, comme son interprète, ange aux ailes brûlées dès l'enfance. Enfin une belle vraie découverte. Un premier film bouleversant, cohérent et puissant.

 

 

 

 

:

Par V@lmito - Publié dans : Cannes 2011
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Catégories

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés