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20 mai 2009 3 20 /05 /mai /2009 23:54


Réveil : 6h50, c’est le grand jour, grâce à Tude, j’ai une place pour Tarantino et ses bâtards. Départ 7h50, 8h00 au palais, je passe le premier barrage, le second, puis ça avance plus. Le temps passe, la presse continue à rentrer, mais nous, non. 8h30, on nous annonce que définitivement c’est complet et qu’on ne pourra pas rentrer.

Il y a une séance supplémentaire à la salle du 60ème

derrière le palais, entrée aux mêmes conditions qu’à Lumière. Je pique un sprint, j’arrive, 300 personnes sont entassées en bas des escaliers. Le soleil tape déjà, la tension monte, seuls les journalistes rentrent. Puis une première vague d’invités, puis une seconde, puis rien. Complet, au revoir Messieurs Dames, merci de votre visite.

Les boules.

 

Non seulement j’peux pas voir le film mais en plus, une invitation non utilisée pénalise pour le reste du festival et pour l’année prochaine…. C’est 8h50. J’appelle Thé et Tude qui sont à la Quinzaine pour le Luc Moullet. Il semble qu’il reste de la place, faut qu’je fonce. La Croisette, je cours comme un dératé. J’arrive 5 minutes après, je peux rentrer, ils m’ont gardé une place, la séance de La terre de la folie peut commencer.

 

 

copyright Universal Pictures International France

 

Moullet revient avec un documentaire sur son pays, sa terre, les Alpes de Haute-Provence. Qu’il considère comme le plus haut lieu de la folie en France. Avec son ton comme toujours décalé, Moullet fait parler, raconter des personnages assez pittoresques, parfois un toubib, un flic, et montre comment il a découvert qu’il existe dans les Alpes de Haute Provence, un pentagone de la folie. Le film est totalement délirant, un empilage de coups de folies et de faits divers depuis un siècle dans cette région, ainsi qu’une introspection dans l’histoire de la propre famille de Moullet. Un poil répétitif dans l’enfilade de faits divers, Moullet essaye en fait de (se) prouver qu’il existe encore plus fou que lui, et que si lui-même est fou, c’est génétique et propre aux qualités secrètes de cette région. Fou, non ?

 

Déjà épuisé après le marathon de 8h30 et un premier film, je speede pour traverser le centre et aller aux Arcades essayer de rattraper ce putain de nouveau film de Guiraudie que j’ai loupé. Je tombe sur Mathieu, le remercie pour l’invit’ du Lars Von Trier même si j’ai pas pu y aller.  Il me propose de me faire entrer au Guiraudie. Sollène me rejoint, on s’installe, une demi-heure de répits avant le début du film. Un grand beau brun vient s’installer à ma gauche, et commence à parler, sympa. Et mignon. Très mignon. Pendant tout le film nos avant bras se frôlent, je sens parfois sa peau contre la mienne. Chaleur. D’autant qu’on est devant Le roi de l’évasion.

 

 

Encore une histoire d’évasion, mais cette fois-ci, celle d’un vendeur de tracteur de 40 ans, Armand, homo, à Albi, qui entre dans sa crise de la quarantaine, un jour par hasard il rencontre Curly, une jeune nana de 16ans, qui tombe raide dingue amoureuse de lui. Mais le père, concurrent direct de notre vendeur de tracteur, s’en rend compte, et une folle course poursuite commence entre lui, le couple, les flics, les chasseurs, un vieux monsieur qu’a une grosse teub, et une drogue mystérieuse, la dourougne, genre de « patate verte kiwi au gout de citron » en forme de racine de gingembre, qui les speede tous et leur donne tous envie de baiser. Bon, raconté comme ça, j’ai l’impression d’être déjà fatigué mais c’est le plus fidèle possible à ce que j’ai vu. On rit, on hallucine, on s’érotise, pendant que sur l’écran, c’est Benny Hill dans l'Albigeois sous MDMA. Vivement conseillé pour toute sorte de symptômes.

 

A la fin du film, tous abasourdis par cette folle course on se regarde, et je retombe sur mon voisin à la peau douce. Il me reparle, on sort de la salle, Sollène qui a tout compris s’éclipse. On échange quelques mots sur nos professions, il me file sa carte. Je dois le quitter pour aller bosser et je peux même pas lui filer la mienne. Lui propose de lui envoyer mon numéro et de le recontacter avant son départ vendredi soir.

Arrivé à l’appart’, je raconte l’histoire aux filles et me rue sur le net pour retrouver le bonhomme. Je tombe sur un profil de lui. 35 ans, la photo c’est bien lui. La seconde photo…. C’est bien sa femme. La seconde vision de la seconde photo me permet de remarquer qu’elle est enceinte, la troisième photo, c’est le bonheur de la vie : sa petite fille.

Les boules.

Lui envoie quand même mon numéro de tel par sms, il me répond : cool merci au plaisir de te recroiser.

Les boules.

On se fait un déjeuner rapide à l’appart’, et on file retrouver Tude et Edvin pour le Resnais, en compet’ :

Les herbes folles. Alain Resnais. Son entrée  dans Lumière avec l’équipe du film est un triomphe, presque dix minutes de standing ovation, pour honorer le réalisateur de Providence, Mon oncle d’Amérique, Hiroshima mon amour, Stavisky ou L’amour à mort, Mélo, Smoking, no smoking, On connaît la chanson… Un monstre sacré avec son couple fétiche Azéma et Dussolier. Chair de poule et frissons. Puis ça commence.

Magnifique image d’Eric Gauthier, à qui on a l’impression que Resnais a un peu laissé les clefs de la Maison. Un motif, une rencontre, sur un hasard. Une femme, un sac volé. Un portefeuille, un homme qui le trouve. Puis une recherche, un appel, un autre appel, une lettre, des lettres. Des herbes folles. Difficile ici de parler de la richesse du propos de Resnais, alors même qu’il fait un cinéma concepto-minimaliste. La caméra légère, gracieuse, la lumière caramel, entre chien et loup, la valse des possibles entre lui, elle, pas lui, mais elle. La mélancolie d’un grand réalisateur, la douce musique d’une fraiche fantaisie. L’incroyable rôle d’Anne Consigny dans le petit laboratoire de Resnais, l'étrangeté des regards de Dussolier, la tension qui s'imisce tout doucement. Et :

« Maman, quand je serai un chat, j’pourrai manger des croquettes ?"

A la fin du film, Burçak me dit, j'ai lutté et dormi pendant une demi heure, ensuite,mon cerveau s'est jamais remis en route...

 

 

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Published by V@lmito - dans Cannes 2009
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commentaires

LeRezza 21/05/2009 16:01

Ce matin, en entendant des nouvelles sur la France Inter du Festival, je me disais qu'il me manquait quelque chose pour suivre le mouvement de la Croisette. Un blog de V@l.

Où, comme Sid, on finit par s'en foutre de rentrer pour voir des histoires de gros bâtards. Parce que, ce qu'on préfère, c'est quand même les projections surprises des sélections parallèles.

Comme on disait l'année dernière à la même époque, "bon vent Gone*".

*

Fred 21/05/2009 12:08

Putain de sa mere la pute...! (je parle pas de la femme et mere de l'enfant du gars rencontre hein... mais de ta vie cannoise)

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