Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 16:16

Jeudi 21, le festival s’approche de la fin… J’ai pas de place pour le Xavier Giannoli à 8h30, je file donc à la Quinzaine voir un film Québécois, Carcasses. Je suis rassuré de ne pas être le seul à avoir aimé le Resnais, il a 4 palmes dans Le film Français. Queue donc, devant la Quinzaine, revue de presse, puis Carcasses. Je suis net, bien réveillé, en forme, et pourtant… Pourtant je ne crois pas ce que je vois. On est dans une casse automobile au milieu des bois. Plans fixes, silencieux, sur les carcasses de bagnoles et sur l’homme qui habite les lieux. Toute la journée, il déplace les voitures, les morceaux de bois, apprend l’espagnol grâce à une méthode audio, il ne parle quasiment jamais, mais c’est pas grave quand il parle on comprend rien, c’est du Québécois avec l’accent Tchétchène…C’est son quotidien. C’est lent, long, ovniesque. Puis arrivent à pied 4 trisomiques dont l’un est tiré dans une spèce de caddie. On les voit vider le frigo du mec, puis partir s’installer au milieu des carcasses de voitures. Ils se font la toilette. Puis il pleut, ils mettent leurs capuches, si bien que celui du caddie ressemble à E.T. dans sa corbeille de vélo. Puis on suppose qu’il meurt, ils l’enterrent au milieu des carcasses de voitures, puis s’en vont. Et c’est fini. Forcément, raconté comme ça, ça fait bizarre. Mais à voir, ça fait bizarre aussi. L’impression de rien comprendre, de me foutre un peu de ce qui se passe, et en même temps, pas mécontent de voir un truc aussi… space.

 

 

Encore tout chamboulé par les trisomiques à la casse, je file au Palais pour faire la queue pour le Haneke. On a enfin tous des places, et le film est précédé d’une bonne rumeur. Le ruban blanc, c’est la saga d’un village du nord de l’Allemagne en 1913. Dans un noir et blanc numérique sublimement contrasté, Haneke, fidèle à sa rigueur, raconte comment va naître le mal dans cette société dégénérée, où les charmantes petites têtes blondes deviennent d’angoissantes figures horribles, qui font autant flipper que dans Le village des damnés. Le poids de la religion, les comportements sadiques, la jalousie, l’envie, le machisme, tout y passe, glace d’effroi. Tout est étrange, oppressant. L’absence de grain due au numérique rajoute à cette froideur virale. Le monstre guette, le Malin gangrène chacun, dès son plus jeune âge, sans pitié. Haneke réussi un grand film, dans la lignée de ses meilleurs, traitant inlassablement du Mal, qui est en chacun de nous. Le grand film que j'attendais.

 

 

 

Traumatisés par le film, on rentre à l’appartement se poser un peu, atterrir. Puis on enchaîne à Un certain regard, à 16h30 avec Les voyages du vent de Ciro Guerra, premier film Colombien sélectionné en officielle depuis plus de dix ans.  Le film démarre sur un enterrement, dans le désert. Plan séquence magnifique, fixe, lointain. Un accordéon est arraché d’un mur, un homme s’éloigne. Il quitte le village, poursuivi par des enfants qui lui demandent de jouer de l’accordéon. Il refuse, vire les gamins. Mais un ado reste avec lui. Il veut qu’il lui apprenne à jouer de l’instrument. Ces deux vont faire un périple à dos d’âne et à pied, avec cet accordéon « magique », à travers la Colombie, pour le rendre à un Maître. C’est à un voyage initiatique que nous convie le film, voyage initiatique du gamin, candide, initiation de l’amitié, initiation à l’accordéon. Il y a des très belles idées de scénario, et surtout une scène énorme de battle d’accordéon. Comme au milieu d’une  arène, un homme improvise des vers tout en jouant de l’accordéon, provoquant les autres joueurs à venir se confronter à lui. La scène est longue, monte, monte, les rimes sont belles, la musique envoutante. A l’image de ce film aux décors rares mais pas « décoratifs », beau drame, ample, à la puissance visuelle impressionnante.

 

 

 

 

Retour à l’appartement pour la préparation aux fêtes de la soirée. D’abord un apéro dînatoire chez Diaphana. Que des gens qu’on connaît. Ou presque. Je rencontre Romain M., bombe atomique, le drague honteusement, les bouteilles de champagne s’enchaînent, Ludo est toujours aussi beau, Thé est toujours aussi drôle, les filles de Diaphana accueillantes, les exploitants du sud ouest chaleureux, je trinque avec Greg de Dieppe à la descente du HAC, la fête se vide petit à petit, il ne reste plus que notre équipe, avec les gens de Diaphana, le petit Romain, et quelques autres, on part avec une bouteille de champagne, B. en vide la moitié en cachette sur la croisette parce qu’elle trouve qu’on est déjà trop bourrés …

On arrive à la soirée des exploitants, il n’y a presque plus personne, on squatte la piste, Vodka à volonté, Didier Mulet me roule une pelle, je vois plus clair. D’ailleurs, j’me souviens plus de rien du reste de la soirée, à part que quelqu’un a dit « tu vas tomber de ton géranium »…

 

Partager cet article

Repost 0
Published by V@lmito - dans Cannes 2009
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de V@lmito
  • Le blog de V@lmito
  • : 36.15 j'raconte ma life.com, mais surtout j'écris des conneries, je parle de ciné, de foot, de zique, de bogoss, et aussi d'Anthony Mounier.
  • Contact

Recherche

Catégories