Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 13:45

Y a pas à dire, quand on est fatigué, faut dormir. Le réveil était pour 10h ce vendredi matin, et j'émerge... à 11h. Panique dans l'appart', les portes de l'amphithéatre Lumière ferment à 11h40 pour la séance de midi que je ne veux pas louper. J'écoute mes messages au réveil en me faisant un café, "1 nouveau message à 2h35 - bip- Nico qu'est ce tu fais tu  m'as abandonné t'es pas venu à la teuf, j'ai discuté avec Vikash", Greg de Dieppe, supporter du HAC... enfoiré. Pas le temps d'écouter la fin du message, un appel, Ben: "amène mon portable, s'il te plait je l'ai oublié on se retrouve dans la salle", ça sonne en double appel, "je voudrais me programmer sur Les temps des grâces", un message "Nico je t'attends pour les marches c'est toi qui a ma place"... Aaaaah!!!

 

Je ferme mon tel et file sous la douche, je dois impérativement voir Oncle Boonmee, l'homme qui se rappelle de ses vies antérieures du Thaïlandais arty Apichatpong Weerasthakul. En descendant, déploiement policier, manifestation d'anciens combattants d'Algérie qui cherchent à s'approcher du Palais. La Police a bouclé tout le quartier, ils essayent de forcer les barrages avec leurs bérêts et leurs drapeaux français. Double contrôle à l'entrée de la séance, on doit jeter les bouteilles d'eau, c'est soit disant une journée à haut risque.

 

thumb.php-copie-1.jpgJ'arrive pile à l'heure, en sueur, la tête qui tourne, je suis un zombie, un fantôme, je sais pas où j'habite, mais je sais où je vais: au paradis...

Un homme sur le point de mourir, se fait ramener dans sa plantation par sa belle-soeur et son neveu, dans sa province natale. Là, reviennent les fantômes de sa femme et son fils, qui l'accompagnent jusqu'à la mort. Ils vont lui raconter leur vie de fantôme dans la jungle.

 

Trouble total comme toujours avec A.W. Le premier plan du film dure environ trois minutes : un buffle en lisière de fôret, à la tombée de la nuit, se détache de l'arbre auquel il est raccordé pour s'enfuir dans la jungle.

Puis on assiste à l'arrivée de l'oncle à la plantation, au premier dîner pré mortem, au retour des fantômes. Un singe aux yeux rouge (photo), son fils, et sa femme disparue il y a une quinzaine d'années.

 

C'est radical, magique, fantastique, politique, spirituel, intelligent, même si on y comprend rien ou pas grand chose. Mais surtout le film comporte quelques longues scènes d'ores et déjà d'anthologie, des purs moments de magie cinématographique, des gestes puissants et beaux. Le premier dîner d'abord, où les fantômes apparaissent. Puis une scène qui se passe dans une cascade. Bouleversante la scène: par sa force cinématographique, hypnotisante, par sa sensualité (une belle jeune fille se fait faire un cunilingus par un fantôme dont je tairai la nature pour la surprise).

 

Ensuite le récit du futur, dans une grande ville, par un fantôme revenu dans le passé qui est le présent du film (non nous ne sommes pas dans LOST). Puis une descente dans une grotte-utérus qui scintille de mille feux. Et enfin la mort de l'oncle. Le son participe à la beauté de l'oeuvre, autant que les images sublimes et planantes. Chef d'oeuvre fou, ludique et magique, le film ne m'a pas quitté au moment où j'écris ces lignes.

 

A la sortie, je décide de squizzer le Bouchareb, ceux qui l'ont vu à 8h30 gerbent dessus, et j'ai pas envie de me salir les yeux dans les prochaines heures... On rentre donc à l'appart' pour déjeuner, et enchaîner à la quinzaine à 17h avec The tiger factory, du Malaisien Ming Jin Woo.

Tiger_Factory_6.jpg L'histoire de Ping, jeune malaisienne qui travaille pour sa tante afin de pouvoir émigrer vers le Japon. sauf que sa tante lui fait porter un enfant aux fins de le vendre ensuite. A côté Ping travaille dans une ferme de cochons en colllectant leur sperme, et dans un restaurant ensuite.

Plongée dans le malheur de la société malaisienne en suivant cette Ping qui est une Rosetta. Ming Jin Woo est clairement  sur le même dispositif, on ne quitte pas d'une semelle la gamine, qui par ailleurs est mignone comme tout, mais dans la salle assise à deux rangs de moi, c'est une bombe atomique à tomber par terre. Tout s'achète, tout se vend, la société est gangrainée, comme aux Philipines chez Brillante Mendoza. L'homme est un fauve pour l'homme et comme le dit le titre, cette société se fabrique sa propre destruction.

Grosse tarte dans la gueule,mais pas aisé. Le sujet est hard, et le récit éliptique ainsi que la complexité des rapports commerciaux et humains sont durs à appréhender. Une fois de plus, ressortir après un film comme ça dans la vulgarité Cannoise remet bien à sa place.

 

Pause dîner le temps de retrouver Arno qui débarque à Cannes avec le beau Nico, faire un apéro à l'appart', dîner, et filer à la Quinzaine à 22h30 pour La maison muette, de Gustavo Hernandez.

La_Casa_Muda_8.jpg Une maison perdue au milieu des champs et des bois.

Y arrivent un père et sa fille pour la retaper avant de la vendre. Le propriétaire est un ami du père.

Le film dure 1h20, c'est un film d'angoisse, en un unique plan séquence. De ce point de vue c'est une vraie réussite. Il n'y a que 4 ou 5 coupures cachées, de façon judicieuse. Econome d'effets, il instille une angoisse sourde qui se transforme en peur au moindre petit bruit, ou accroc dans le plan séquence.

 

La lumière est sombre et belle et le cadrage toujours parfait, ça fait flipper, c'est bien foutu. Il y a aussi une vraie grande idée qui n'avait encore, à ma connaissance, jamais été utilisée au cinéma afin d'éclairer une pièce plongée dans le noir ou semble-t-il on n'est pas seul. A se chier dessus... dommmage que le réal a voulu en expliquer peut-être un peu trop à la fin. Reste un bon film d'angoisse dont on va entendre parler à sa sortie. Terrorisant.  Comme l'heure à laquelle je me couche : 2h, réveil dans 5 heures...

 

La_Casa_Muda_1.jpg

Partager cet article

Repost 0
Published by V@lmito - dans Cannes 2010
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de V@lmito
  • Le blog de V@lmito
  • : 36.15 j'raconte ma life.com, mais surtout j'écris des conneries, je parle de ciné, de foot, de zique, de bogoss, et aussi d'Anthony Mounier.
  • Contact

Recherche

Catégories