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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 20:19

The_Light_Thief_3.jpgRemis d'Année bissextile après un bon break à l'appart' en se gavant d'une salade, c'est reparti pour aller à la rediff' du film kirghize d'Aktan Arym Kubat, Le voleur de lumière, à 22h30 aux Arcades.

J'avais adoré son film précédent, Le singe, et je ne veux pas louper son nouvel opus. Le voleur de lumière est un homme qui, dans un village coincé au milieu d'une plaine aride, fait l'électricien, et construit sa propre éolienne par passsion. Lorsque les habitants ne peuvent pas payer l'électricité, il se débrouille pour qu'ils puissent quand même avoir accès à la lumière. Mais la pression du pouvoir central et d'investisseurs étrangers va bouleverser sa vie, et menacer celle du village. Brulot politique, le film est assez drôle et pertinent sur la transformation actuelle des pays d'Asie centrale. Pour autant, si le discours est juste, le film n'est pas totalement convaincant, manquant de poésie pour donner corps au projet cinématographique, on y passe cependant un assez bon moment. Retour à l'appart', dodo, pour la troisième soirée consécutive on passe les 2 heures du mat'...

 

Réveil 7h du mat' avec une matinée prévue à la Quinzaine. 9h, Two gates of sleep, d'Alistair Banks Griffin. Dans le Mississipi, deux frères retrouvent leur mère mourante pour réaliser son dernier souhait. Il est inutile d'en dire plus, je n'avais même pas lu le pitch avant le film, et tout celui-ci tient quasiment dans cette seule phrase.

 

TWO_GATES_OF_SLEEP_3.jpg Je prends une immense claque dans la gueule, parce que c'est exactement le cinéma que j'adore. Comme si Apichatpong Weerasethakul, David Lynch et Terence Malick partouzaient avec une caméra dans une rivière du Mississipi, au milieu d'une forêt, en filmant deux beaux gars et un cercueil... La mise en scène, les instants d'étrangeté, couloirs de trouble, ou morceaux de bravoure intense, sont autant de morceaux d'audaces cinématogaphiques qui me plongent dans une transe fascinée. Pendant le générique de fin, on est scotchés à nos fauteuils. Devant nous, deux rombières cannoises se lèvent, parlant fort : "c'est le deuxième navet qu'on voit, c'est vraiment pas du cinéma..." et se mettent à jacter et dauber sur le film debout devant nous sans bouger. Gentiement, dans le noir, Thé leur demande de se déécaler pour pouvoir regarder le générique. Elles : "Ah oui parce que ça doit être intéressant ce générique..". Moi: "Toujours plus intéressant que ce que vous dites".. C'était ça ou je les frappais. Les deux vieilles se cassent sans broncher...

 

Ressortir sur la Croisette et son barnum relève de l'exploit, qu'on va assurer puisque la projection suivante à la Quinzaine est le nouveau Jean-Paul Civeyrac, cinéaste touchant et passionnant.

Des filles en noir raconte l'histoire d'une ado suicidaire, sa relation avec sa meilleure amie, et leur virée dans les profondeurs de la noirceur romantique et suicidaire. Comme toujours chez Civeyrac, le propos est fin et subtil et la mise en scène distinguée. L'idée n'est pas de faire une analyse sociologique des comportements suicidaires des adolescents, mais plutôt de suivre deux parcours, et ne pas lâcher ces deux magnifiques gamines (et merveilleuses comédiennes débutantes). Dommage qu'à mi chemin les choix de montage font perdre un peu du rythme au film. Mais au delà de cette réserve, Des filles en noir est une très belle oeuvre que j'ai envie de montrer à tous les ados que je connais.

 

Après ça, dur, une nouvelle fois, de revenir à la réalité. Mais j'apprends que j'ai une invit' pour le Beauvois en compétition, Des hommes et des Dieux, à 14h, qui s'appuie sur le récit du massacre des moines de Tibhrine en 1996. Il est 13h30, un demi-sandwich, vite faire la queue, heureusement on est à l'orchestre, on rentre avec places excellentes et réservées.

19421125.jpgLe film commence, c'est la déconcertation totale: c'est magnifique, on est dans le quotidien des moines dans ce monastère de l'Atlas Algérien. Gestes répétés inlassablement, prières, vaisselle, repas, travaux d'entretien, relations avec la population locale. Je ne m'attendais pas à ça, et malgré tout après les premières impressions de méfiance, scènes après scènes, je m'accroche à ces merveilleux personnages. Puis arrivent les premières menaces des terroristes, les premiers dangers. Beauvois réussit un véritable tour de force, en nous racontant ce fait divers, de manière aride, il signe en réalité un grand film sur la Foi, le don de soi à Dieu et aux autres. Le film n'est pas "aimable", sans pour autant rebuter. C'est une réflexion philosophique et spirituelle très incarnée et tellement bouleversante. Et c'est aussi le grand retour de Caroline Champetier qui signe une des plus belles photos de ce festival (voir photo ci-contre par exemple). Il y a aussi les moines, comédiens sublimes et notamment, dans les rôles principaux, Lambert Wilsonn et Mickael Lonsdale. Beauvois livre son film leplus abouti, le plus profond et le plus fort. Immanquablement au palmarès.

 

Après un tel tour de force, des suicides et des attentats, j'apprends que j'enchaîne avec le Stephen Frears en officielle Hors compétition, une comédie, enfin.

Et quelle comédie ! un objet délirant, entre marivaudage et Benny Hill, Tamara Drewe est l'adaptation d'une BD érotique. L'histoire d'un village et d'une résidence pour écrivains bouleversés par l'arrivée d'une jeune fille au sein de cette petite communauté. Il y a des coups, des cris, des vaches, des oeufs, un chanteur de rock, des ados décérébrées, un salon littéraire, des coups de fusil, des pneus dégonflés... S'essouflant un peu au milieu, le film reste un bon moment de plaisir, une farce dans laquelle Frears s'en est donné à coeur joie. Un film vache qui a du chien.

A la sortie, c'est l'heure de l'apéro chez nos amis du Pacte. On croise Dhorasoo, tout excitée Thérèse lui crie "Allez l'OL!!". La journée de projo se termine dans la légèreté. Il nous reste encore de l'espoir...

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Published by V@lmito - dans Cannes 2010
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