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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 21:14

Another-year-31857-copie-2.jpgAprès la folle soirée à l'appart, dernière journée du festival. Réveil à 10h30 après s'être couchés passablement secoués vers 4h30. On se rattrape le Mike Leigh, Another year, que certains parmi nous n'ont pas vu.

Suis comme d'habitude à la bourre et vais rejoindre les autres dans la queue à Debussy. Petite revue de presse, derniers article sur le film d'A. Weerastethakul présenté avant-hier, pronostiques de la presse, premiers bilans du festival. METRO qui fait un quotidien sur la Croisette fait sa une sur Weerasethakul, en réclamant une Palme audacieuse. Tu m'étonnes...

 

Le Mike Leigh donc: une histoire sur 4 saisons, d'un couple d'une petite soixantaine d'années, ses amis, sa famille. Un couple adepte du jardinage et du réconfort. Comédie assez féroce, très enlevée et fine, sur les tracas du quotidien, ou les petits arrangements avec notre conscience. C'est simple, bien mené, sur une petite mélodie mélancolique. C'est même parfois méchant, car ça raconte l'âge adulte, lorsqu'on l'a bien vécu, ou lorsqu'on s'apprête à le vivre. Pour certains, à 60 ans, ils n'y ont jamais fait face. Je suis pas très fan de Mike Leigh mais j'avoue que je suis séduit par cette chronique féroce et drôle. Et je pense à Voltaire : Il faut cultiver notre jardin...

 

14h30 à l'appart', Ben' part faire un tour au soleil. Je grignotte un truc, me pose, et rendez-vous à 16h30 avec Thé, Ben' et Soso pour faire la queue à la salle du 60ème pour la rediff' du très bien accueilli The housemaid du Coréen Im Sangsoo (The Président's  last bang). Pendant qu'on fait la queue au soleil, Roxane de Pyramide passe par là, et nous dit qu'ils sont au Palmarès, ils ont dû rappeler l'équipe du film Tchadien en compétition. Thé l'a vu le matin même et  elle a été super touchée.

 

On entre dans la salle, le temps de revoir une vieille connaissance (Seb, tu te rappelles le bello italiano qui apparemment est portugais?), de m'endormir, et c'est reparti. Je pique du nez dès les premières minutes, mais j'ai une astuce. M'endormir sans lutte, quelques minutes (j'ai prévenu Thé qui doit me réveiller) et a priori, après je tiens le coup tout le film sans problèmes.

 

housemaid-bain_articlephoto.jpgEuny, jeune coréenne issue de la classe prolétarienne, est engagée comme gouvernante dans une très riche maison bourgeoise. Le mari de la famille la prend (dans tous les sens du terme) pour maîtresse, et toute la vie de la maison va être bouleversée...

Accueilli très chaleureusement lors de sa présentation en compétition le premier vendredi du festival, le film est un long clip esthético-chico-publicitaire patiné, longs travellings dans la maison de luxe, pauvres petites scènes de cul, postures des personnages dignes de Dallas et Dynastie, dialogues au niveau zéro : "Cette famille est sans pitié, c'est pour ça qu'ils sont si puissants", incongruitées psychologiques, grand guignol, musique démonstrative, c'est insupportable et énervant. Pitié, je sors du bordel en colère, on doit vite remonter à l'appart' pour mater le palmarès sur Canal +.

 

Oh joie!!! Au fur et à mesure de l'annonce du palmarès j'ai peur, mais au fur et à mesure, je suis comblé, par la tendance du jury à privilégier les vrais moments de cinéma, les audaces, les coups de force, et aussi un palmarès incroyablement français.

 

19422470-copie-1.jpgA l'annonce de la Palme, je jure de mourir ce soir sur une plage de la Croisette. Apichatpong, mon cinéaste favori découvert dans les années 2000, dont je craignais que le nouveau film me déçoive parce que j'adorais les premiers que j'avais vus, Apichatpong, qui livre un film fidèle à son univers mais d'une force toute autre que ce qu'il avait fait jusqu'ici, Apichatpong, cinéaste Thaïlandais qui a quasiment mon âge, est récipiendaire de la Palme cette année. Beauvois qui est à son sommet reçoit le grand Prix, la mise en scène à Amalric... j'en peux plus...

 

Thé, So et Ben prennent le train de nuit. Je reste seul dans l'appart'. Les potes du Pacte m'ont invité à la teuf du film de clôture du Festival, L'arbre, avec Charlotte Gainsbourg, en plus ils ont le Amalric qui vient d'être récompensé et dont l'équipe est revenue sur Cannes pour le Palmarès.

Ce soir c'est fête pour moi, train demain matin à 6h30, je ne promets rien, mais j'vais sûrement pas dormir, pour profiter de fêter ce palmarès qui loue le cinéma pur, le cinéma en phase avec la marche du monde, le cinéma au delà de ses limites. Demain sera un autre jour, pour analyser les différents palmarès, une autre semaine, à commencer à Lyon par un picnic avec tous mes gones préférés, et une autre année, à attendre des sélections de films qui nous feront rêver, nous évaderont, nous blufferont, nous énerveront, mais seront toujours des propositions de cinéma à découvrir, savourer, aimer ou pas, et commenter. Pour nous retourner sur nos vies, nos expériences, nos rêves, nos fantasmes et nos envies.

 

 

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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 14:47

Réveil à 7h30 pour la dernière journée de la compet'... à laquelle je ne participe pas : pas envie de voir Exodus, j'aime pas Mikhalkov, et j'ai filé ma place pour le Hongrois à Cécile pour qu'elle puisse voir un dernier film avant de nous quittter, j'espère pouvoir le rattraper dimanche.

image reference-copie-2Rendez-vous donc à 9h pour la rediff' du film de clôture de la Quinzaine : Pieds nus sur les limaces de Fabien Berthaud d'après son livre éponyme. Et ça tombe bien puisqu'il a eu le Art cinéma Award.

Lily est une  jeune fille "originale" qui vit à la campagne avec sa mère, dans son monde à elle, comme une gamine de 6 ans, en accord total avec la nature. A la mort de sa mère, sa soeur doit quitter Paris pour venir s'occuper d'elle. C'est là que les ennuis commencent... Ludivine Sagnier qui joue Lily est éblouissante, elle tient sûrement là son meilleur rôle, et pourtant au début, quand on la découvre habillée en sauvageonne et totalement hystérique, j'ai eu très très peur.

Puis vient l'enterrement et quelques sentences bien ciselées pour qu'on découvre vraiment qui est ce personnage et qu'on tombe en empathie avec sa folie douce et son énergie. Diane Kruger qui joue sa soeur est également formidable. Le film est une ôde à la liberté, à la fois très drôle mais parfois aussi dérangeante. Un univers rare qui parfois ferait penser à la douce poésie d'un film comme Mammuth. C'est d'une folle originalité dans le cinéma français, c'est barré comme il faut, ça donne la patate. Merveilleuse comédie.

 

A noter qu'en préambule on voit deux court métrages de l'ADAMI, dont l'un vraiment excellent : La planète des femmes d'Alice Mitterand, où l'on voit les rôles inversés entre femmes et hommes. Des femmes de tête qui se comportent comme des hommes, avec une goujaterie "plus plus". Mention spéciale au très drôle Yoann Moess (bon ok il est très beau aussi...).

 

somos_lo_que_hay_11.jpgAprès ces deux heures de folie et de rire, je fonce à une autre rediff' de la Quinzaine, cette fois-ci aux Arcades, pour voir le filmi mexicain Somos lo que hay, de Jorge Michel Grau. Au début du film un homme meur dans la rue à Mexico. Puis on voit sa famille, condamnée à se débrouiller seule après cette disparition, et notamment pour se nourrir, puisqu'ils sont cannibales et mangent de la chair humaine lors d'étranges cérémonies ensanglantées. Petit à petit la famille va se décomposer, entre un mère barrée qui donne des coups de pelles sur les humains qui l'approchent, deux fils en rivalité (et bombes latinos) et une soeur à la ruella. C'est du grand guignol, ça part dans tous les sens, ça n'a à peu près ni queue ni tête. On rit, un peu, même quand c'est pas voulu. mais ça reste très très laborieux, série B voire Z inside. A la sortie à 13h, j'ai quand même faim, mais surtout je suis naze. Retour appart' pour manger de la chair humaine et dormir deux heures.

 

En réalité c'est mission impossible, même si je suis plus que fatigué. J'abandonne l'idée de me faire Illégal à la Quinzaine, je vais au Zanzibar (bar gay très couru des festivaliers sur le port de Cannes qu'on a surnomé entre nous le zizibar) pour découvrir qui a eu la Palme gay: sans surprise et avec bonheur, c'est Kaboom d'Araki qui obtient cette première Palme gay décernée à Cannes. Rendez-vous l'année prochaine.

Grosse teuf à l'appart' le soir, on a plein de visites, amis, distributeurs, exploitants, partenaires, de nouveaux visages uassi, et ça refait le mondu cinéma. avec Thé et Ben on va se finir au zizibar, on rentre à 4h. Il est temps car demain on enchaîne avec les rediffs de la compétition, je squizze volontairement le Inaritu à 9h, j'irai au Mike Leigh à midi.

 

mikeleigh.jpg

                                          Another year, de Mike Leigh

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22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 18:59

Je ne commenterai pas le palmarès de la Semaine de la critique parut jeudi soir, puisque cette année je n'y ai pas mis une seule fois les pieds. Place donc au palmarès de la Quinzaine des réalisateurs dévoilé vendredi soir. Revue rapide mais en détail.

 

image_reference-copie-1.jpgArt cinéma Award : Pieds nus sous les limaces, film de clôture de la Quinzaine des réalisateurs. J'y reviendrai, j'ai découvert le film ce matin à 9h.Film français de Fabienne Berthaud, c'est un objet audacieux dans le cinéma français, comme on n'en voit jamais, avec Ludivine Sagnier et Diane Kruger. On a en tout cas tous bien rit devant cette comédie dramatique.


Prix SACD: Illégal d'Olivier Masset-Depasse, filmpas encore vu.


Label Europa cinéma: Le Quattro volte de l'Italien Michelangelo Frammartino, moon coup de coeur de la Quinzaine, un film subtil et minéral sur les cycles de la vie et de la nature. Une beauté, récompense ultra méritée. A vous faire aimer les chèvres, leurs cloches et le charbon de bois.

 

Granx Prix du Jury Palm dog Award: au chien Puk, toujours dans Le quattro volte. Un rôle en or pour ce chien, dans la veine burlesque de tati. Un régal.

 

Photo : Pieds nus sur les limaces.

 

le_quattro_volte_1.jpg

Photo: Le quattro volte.

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22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 13:45

Y a pas à dire, quand on est fatigué, faut dormir. Le réveil était pour 10h ce vendredi matin, et j'émerge... à 11h. Panique dans l'appart', les portes de l'amphithéatre Lumière ferment à 11h40 pour la séance de midi que je ne veux pas louper. J'écoute mes messages au réveil en me faisant un café, "1 nouveau message à 2h35 - bip- Nico qu'est ce tu fais tu  m'as abandonné t'es pas venu à la teuf, j'ai discuté avec Vikash", Greg de Dieppe, supporter du HAC... enfoiré. Pas le temps d'écouter la fin du message, un appel, Ben: "amène mon portable, s'il te plait je l'ai oublié on se retrouve dans la salle", ça sonne en double appel, "je voudrais me programmer sur Les temps des grâces", un message "Nico je t'attends pour les marches c'est toi qui a ma place"... Aaaaah!!!

 

Je ferme mon tel et file sous la douche, je dois impérativement voir Oncle Boonmee, l'homme qui se rappelle de ses vies antérieures du Thaïlandais arty Apichatpong Weerasthakul. En descendant, déploiement policier, manifestation d'anciens combattants d'Algérie qui cherchent à s'approcher du Palais. La Police a bouclé tout le quartier, ils essayent de forcer les barrages avec leurs bérêts et leurs drapeaux français. Double contrôle à l'entrée de la séance, on doit jeter les bouteilles d'eau, c'est soit disant une journée à haut risque.

 

thumb.php-copie-1.jpgJ'arrive pile à l'heure, en sueur, la tête qui tourne, je suis un zombie, un fantôme, je sais pas où j'habite, mais je sais où je vais: au paradis...

Un homme sur le point de mourir, se fait ramener dans sa plantation par sa belle-soeur et son neveu, dans sa province natale. Là, reviennent les fantômes de sa femme et son fils, qui l'accompagnent jusqu'à la mort. Ils vont lui raconter leur vie de fantôme dans la jungle.

 

Trouble total comme toujours avec A.W. Le premier plan du film dure environ trois minutes : un buffle en lisière de fôret, à la tombée de la nuit, se détache de l'arbre auquel il est raccordé pour s'enfuir dans la jungle.

Puis on assiste à l'arrivée de l'oncle à la plantation, au premier dîner pré mortem, au retour des fantômes. Un singe aux yeux rouge (photo), son fils, et sa femme disparue il y a une quinzaine d'années.

 

C'est radical, magique, fantastique, politique, spirituel, intelligent, même si on y comprend rien ou pas grand chose. Mais surtout le film comporte quelques longues scènes d'ores et déjà d'anthologie, des purs moments de magie cinématographique, des gestes puissants et beaux. Le premier dîner d'abord, où les fantômes apparaissent. Puis une scène qui se passe dans une cascade. Bouleversante la scène: par sa force cinématographique, hypnotisante, par sa sensualité (une belle jeune fille se fait faire un cunilingus par un fantôme dont je tairai la nature pour la surprise).

 

Ensuite le récit du futur, dans une grande ville, par un fantôme revenu dans le passé qui est le présent du film (non nous ne sommes pas dans LOST). Puis une descente dans une grotte-utérus qui scintille de mille feux. Et enfin la mort de l'oncle. Le son participe à la beauté de l'oeuvre, autant que les images sublimes et planantes. Chef d'oeuvre fou, ludique et magique, le film ne m'a pas quitté au moment où j'écris ces lignes.

 

A la sortie, je décide de squizzer le Bouchareb, ceux qui l'ont vu à 8h30 gerbent dessus, et j'ai pas envie de me salir les yeux dans les prochaines heures... On rentre donc à l'appart' pour déjeuner, et enchaîner à la quinzaine à 17h avec The tiger factory, du Malaisien Ming Jin Woo.

Tiger_Factory_6.jpg L'histoire de Ping, jeune malaisienne qui travaille pour sa tante afin de pouvoir émigrer vers le Japon. sauf que sa tante lui fait porter un enfant aux fins de le vendre ensuite. A côté Ping travaille dans une ferme de cochons en colllectant leur sperme, et dans un restaurant ensuite.

Plongée dans le malheur de la société malaisienne en suivant cette Ping qui est une Rosetta. Ming Jin Woo est clairement  sur le même dispositif, on ne quitte pas d'une semelle la gamine, qui par ailleurs est mignone comme tout, mais dans la salle assise à deux rangs de moi, c'est une bombe atomique à tomber par terre. Tout s'achète, tout se vend, la société est gangrainée, comme aux Philipines chez Brillante Mendoza. L'homme est un fauve pour l'homme et comme le dit le titre, cette société se fabrique sa propre destruction.

Grosse tarte dans la gueule,mais pas aisé. Le sujet est hard, et le récit éliptique ainsi que la complexité des rapports commerciaux et humains sont durs à appréhender. Une fois de plus, ressortir après un film comme ça dans la vulgarité Cannoise remet bien à sa place.

 

Pause dîner le temps de retrouver Arno qui débarque à Cannes avec le beau Nico, faire un apéro à l'appart', dîner, et filer à la Quinzaine à 22h30 pour La maison muette, de Gustavo Hernandez.

La_Casa_Muda_8.jpg Une maison perdue au milieu des champs et des bois.

Y arrivent un père et sa fille pour la retaper avant de la vendre. Le propriétaire est un ami du père.

Le film dure 1h20, c'est un film d'angoisse, en un unique plan séquence. De ce point de vue c'est une vraie réussite. Il n'y a que 4 ou 5 coupures cachées, de façon judicieuse. Econome d'effets, il instille une angoisse sourde qui se transforme en peur au moindre petit bruit, ou accroc dans le plan séquence.

 

La lumière est sombre et belle et le cadrage toujours parfait, ça fait flipper, c'est bien foutu. Il y a aussi une vraie grande idée qui n'avait encore, à ma connaissance, jamais été utilisée au cinéma afin d'éclairer une pièce plongée dans le noir ou semble-t-il on n'est pas seul. A se chier dessus... dommmage que le réal a voulu en expliquer peut-être un peu trop à la fin. Reste un bon film d'angoisse dont on va entendre parler à sa sortie. Terrorisant.  Comme l'heure à laquelle je me couche : 2h, réveil dans 5 heures...

 

La_Casa_Muda_1.jpg

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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 22:03

thumb.php.jpgAprès avoir laissé tomber, parce que trop crevé, la soirée Diaphana sur la plage "Chéri chéri" où sont allés tous les autres, j'ai décidé de tenter de faire une bonne grande nuit de... 7h...

Au réveil, Thé rame pour me faire bouger, puis j'émerge et on file à la séance d'Un certain regard de 11h pour un premier film : Simon Werner a disparu,  de Fabrice Gobert.

Dans un lycée de banlieue plutôt chic, en 1992, un élève a disparu. Dès lors de drôles d'évenements arrivent, rumeurs et comportements étranges envahissent les ados d'une classe de terminale.

Dès l'ouverture, la lumière et cette banlieue pavillonaire en lisière de forêt donnent une étrange impression de dérangement inquiétant. Rapidement, on est hapés par ces ados, tous au paroxisme de leurs émotions. L'irréalité et l'étrangeté l'emportent dans un décor de sitcom. Le film adopte le même système de point de vue qu'Elephant. Au travers des portraits de 4 des ados, on va revivre et finalement comprendre les mêmes scènes, mais selon les points de vue de chacun des héros.

Et ce, tout en appréhendant l'histoire de la disparition de Simon, et des conséquences de ce traumatisme. Construit comme un suspens assez haletant, le film est une réussite dans le paysage cinématographique français. Hélène et les garçons filmé par la géniale Agnès Godard , sur une musique de Sonic Youth.

 

On ressort tous conquis même si par la suite on se rend compte que le film est loin de faire l'unanimité. Retour à l'appart' pour se sustenter, puis montée des marches pour la seule projo du Ken Loach, Route Irish en présence de toute l'équipe.

Cannes-2010-Ken-Loach-monte-les-marches-pour-Route-copie-1.jpgC'est l'histoire d'un militaire anglais reconverti dans des missions de sécurité dans des pays en guerre, rentré à Liverpool, qui perd son ami d'enfance lors d'une mission sur la "Route Irish" à Bagdad. C'est la route la plus dangereuse du monde, entre la "green zone" et l'aéroport de Bagdad. Bouleversé sans commune mesure par la disparition de son ami, il ne croit pas la version officielle de sa mort et décide de mener sa propore enquête. Loach s'attaque à un suspens haletant, dans le genre des thrillers, mais d'un niveau bien supérieur au tout venant Hollywoodien.

Le scénar' est très bien ficelé, et donne plusieurs entrées pour appréhender l'histoire. Politique, économique, et surtout, il met en lumière la privatisation des conflits au profit de sociétés payées à coup de millions par les Etats en guerre mais qui n'ont aucune morale. On est happé tout le film, et Ken le rouge met une fois de plus sa capacité de conteur au profit d'une cause humaniste.

 

Sortie du Loach, pour moi c'est tout pour ce jeudi. Je lutte à chaque film contre l'endormissement, j'ai des hallus pendant les projos, où le film se mélange à mon environnement, j'ai sommeil, je dois faire un break. Je squizze la soirée des exploitants, et au retour de Thé et Ben, dodo tôt, graase matinée en vue (réveil 10h), avant de découvrir l'un des films que j'attends le plus dans ce festival, le nouvel Apichatpong Weerasethakul (Blisfully yours, Tropical malady) vendredi à midi.

UNCLE_BOONMEE-Photo1.jpg

Photo de Uncle Boonmee celui qui se souvient de ses vies antérieures d'Apichatpong Weerasthakul.

 


photo de Route Irich: copyright Visual.

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 23:30

poetry1-copie-1.jpgAprès une soirée bien agréable sur un bateau avec Tude, Côme mon "cousin in law" et la petite Clem, à l'occasion de la présentation de Des filles en noir, retour dodo. En chemin je rencontre un Cubain qui bosse dans un restau de Cannes. On commence à discuter, je continue avec lui en passant devant l'appart' et en espérant le draguer. On marche jusqu'aux hauteurs de Cannes puis il m'abandonne une fois arrivé près de chez lui. Raté. Je rentre me coucher, il est 2h. Réveil prévu à 6h30.

 

J'hésite à me lever, je suis épuisé, mais on doit voir Poetry le nouveau film du Coréen Lee Chang Dong (Secret sunshine), et je me convainc d'y aller quand même.

Mauvais choix, car le film est bien, de ce que j'en vois, mais je ne fais que m'endormir. Thé chaque fois me réveille, mais je n'arrive pas à suivre correctement. C'est l'histoire d'une grand mère qui élève son petit fils tout en travaillant comme aide ménagère. A la suite du suicide d'une jeune lycéenne dans la ville, et de symptômes de maladie apparaissant chez la grand-mère, celle-ci décide de prendre des cours de poésie.

Je ne peux pas en dire grand chose de plus, sinon que la comédienne est formidable, et pourrait donner lieu pour la seconde fois consécutive à un Prix d'interprétation féminine à la comédienne de Lee Chang Dong.

 

Après cette déception de ne pas avoir été à la hauteur, retour à l'appart' pour dormir. Ben' fait de même. Puis les filles qui sont allées rattraper Le quattro volte en rediff' de la quinzaine débarquent pour qu'on se restaure tous ensemble. Ne manque que Burçak qui nous rejoint, et on la laisse pour filer à Un certain regard pour 16h30, découvrir un premier film Péruvien, Octobre.

 

19442538.jpgL'histoire d'un prêteur à gage, renfrogné, solitaire et relativement méchant. Jamais il ne sourit, jamais il ne dit mot. Un soir où il rentre des putes, son pauvre appartement est ouvert, et il y trouve... un bébé... Cet événement va bouleverser sa vie, et faire entrer de force, contre son gré, de l'humanité dans la vie de ce type désincarné.

Beaucoup de qualités à ce premier long Kaddedien: d'abord une jolie mise en scène, cadrages parfaits, plans fixes, à part les défilés d'octobre à l'occasion du culte du Seigneur des miracles, qui donne un sens à tout le film. Puis des idées excellentes et parfois délirantes dans un scénario astucieux. Où l'on apprend à faire du jus spécial. Recette: une femme fait pipi, enlève sa culotte pour s'essuyer, puis trempe la culotte dans un pot à eau en l'essorant dedans, puis sert l'eau à boire... No way!...

Aucune prétention mais beaucoup de cinéma et un bel avenir qu'on est impatient de découvrir pour les deux jeunes réalisateurs : les frères Danier et Diego Vega. Peut-être Claire Denis, que je croise à l'issue de la projo, et qui est présidente du jury d'Un certain regard, sera-t-elle sensible à ce cinéma muet et éliptique. A suivre donc.

 

A l'issue de la projo, Tude nous convainc, Thé, Soso et moi, d'aller à la projo à 19h30 du doc sur les Stones à la Quinzaine: Stones in Exile, deStephen Kijak.

19434399.jpgLe documentaire raconte la fuite des Stones de Grande Bretagne fin 71 pour cause de problèmes avec le fisc (ils n'avaient jamais payé d'impôts), leur installation à Villefranche/mer durant 6 mois, l'élaboration et la génèse de l'album Exile on main street.

C'est le bordel: Mick Jagger était présent à la séance de l'après midi et a même assuré une conf' de presse dans la salle à l'issue de la projo. A l'heure de la séance, personne n'est encore rentré. Des peoples en pagaille affluent, mais aucun festivalier n'entre. Puis ça commence à avancer et finalement on peut pénétrer l'Hotel Stéphanie. Et à l'heure de la présentation du film, Mick Jagger, qui est aussi le producteur executif du film débarque de nouveau sur scène avec toute l'équipe pour présenter le film en parlant en Français et en Anglais. Délire dans la salle, Jagger est un "vieillard" séduisant, fringant et drôle, avec beaucoup d'auto-dérision et d'humour.

Le film commence enfin, un très bon doc, passionnant sur l'aspect "Génèse" d'un album rock devenu historique. Il est pourtant né dans la drogue, le stupre et le grand n'importe quoi, dans une villa que les Rolling stones fuiront au bout de six mois, après avoir été prévenus d'une descente imminente des flics, pour cause de trop de drogues, incidents et bordel. D'une durée de seulement 60 minutes, le film représente un énorme travail de montage son et image, parce que réalisé d'après beaucoup de photos, courts extraits de films et d'entretiens généralement en voix off. A l'issue de la projo, en sortant du Palais Stéphanie, on tombe sur une équipe de télé (Actuciné.com?) qui recueille les avis des spectateurs du doc, et biensûr c'est sur ma gueule que ça tombe. Réponse aux questions de la téloche, puis retour à l'appart', Burçak nous a préparé des boulettes turques avant qu'on aille à la soirée de Maurice Tinchant pour le film d'Otar Iosseliani. Ce soir, c'est fête...

 

19442537.jpg

E.T. dans Octobre, des frères Vega

 

photo--2-.jpg

Les frères Viega pour la présentation de leur film Octubre (Merci Tude).

 

photo.jpg

En flag d'interview pour je sais plus quel site...

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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 20:19

The_Light_Thief_3.jpgRemis d'Année bissextile après un bon break à l'appart' en se gavant d'une salade, c'est reparti pour aller à la rediff' du film kirghize d'Aktan Arym Kubat, Le voleur de lumière, à 22h30 aux Arcades.

J'avais adoré son film précédent, Le singe, et je ne veux pas louper son nouvel opus. Le voleur de lumière est un homme qui, dans un village coincé au milieu d'une plaine aride, fait l'électricien, et construit sa propre éolienne par passsion. Lorsque les habitants ne peuvent pas payer l'électricité, il se débrouille pour qu'ils puissent quand même avoir accès à la lumière. Mais la pression du pouvoir central et d'investisseurs étrangers va bouleverser sa vie, et menacer celle du village. Brulot politique, le film est assez drôle et pertinent sur la transformation actuelle des pays d'Asie centrale. Pour autant, si le discours est juste, le film n'est pas totalement convaincant, manquant de poésie pour donner corps au projet cinématographique, on y passe cependant un assez bon moment. Retour à l'appart', dodo, pour la troisième soirée consécutive on passe les 2 heures du mat'...

 

Réveil 7h du mat' avec une matinée prévue à la Quinzaine. 9h, Two gates of sleep, d'Alistair Banks Griffin. Dans le Mississipi, deux frères retrouvent leur mère mourante pour réaliser son dernier souhait. Il est inutile d'en dire plus, je n'avais même pas lu le pitch avant le film, et tout celui-ci tient quasiment dans cette seule phrase.

 

TWO_GATES_OF_SLEEP_3.jpg Je prends une immense claque dans la gueule, parce que c'est exactement le cinéma que j'adore. Comme si Apichatpong Weerasethakul, David Lynch et Terence Malick partouzaient avec une caméra dans une rivière du Mississipi, au milieu d'une forêt, en filmant deux beaux gars et un cercueil... La mise en scène, les instants d'étrangeté, couloirs de trouble, ou morceaux de bravoure intense, sont autant de morceaux d'audaces cinématogaphiques qui me plongent dans une transe fascinée. Pendant le générique de fin, on est scotchés à nos fauteuils. Devant nous, deux rombières cannoises se lèvent, parlant fort : "c'est le deuxième navet qu'on voit, c'est vraiment pas du cinéma..." et se mettent à jacter et dauber sur le film debout devant nous sans bouger. Gentiement, dans le noir, Thé leur demande de se déécaler pour pouvoir regarder le générique. Elles : "Ah oui parce que ça doit être intéressant ce générique..". Moi: "Toujours plus intéressant que ce que vous dites".. C'était ça ou je les frappais. Les deux vieilles se cassent sans broncher...

 

Ressortir sur la Croisette et son barnum relève de l'exploit, qu'on va assurer puisque la projection suivante à la Quinzaine est le nouveau Jean-Paul Civeyrac, cinéaste touchant et passionnant.

Des filles en noir raconte l'histoire d'une ado suicidaire, sa relation avec sa meilleure amie, et leur virée dans les profondeurs de la noirceur romantique et suicidaire. Comme toujours chez Civeyrac, le propos est fin et subtil et la mise en scène distinguée. L'idée n'est pas de faire une analyse sociologique des comportements suicidaires des adolescents, mais plutôt de suivre deux parcours, et ne pas lâcher ces deux magnifiques gamines (et merveilleuses comédiennes débutantes). Dommage qu'à mi chemin les choix de montage font perdre un peu du rythme au film. Mais au delà de cette réserve, Des filles en noir est une très belle oeuvre que j'ai envie de montrer à tous les ados que je connais.

 

Après ça, dur, une nouvelle fois, de revenir à la réalité. Mais j'apprends que j'ai une invit' pour le Beauvois en compétition, Des hommes et des Dieux, à 14h, qui s'appuie sur le récit du massacre des moines de Tibhrine en 1996. Il est 13h30, un demi-sandwich, vite faire la queue, heureusement on est à l'orchestre, on rentre avec places excellentes et réservées.

19421125.jpgLe film commence, c'est la déconcertation totale: c'est magnifique, on est dans le quotidien des moines dans ce monastère de l'Atlas Algérien. Gestes répétés inlassablement, prières, vaisselle, repas, travaux d'entretien, relations avec la population locale. Je ne m'attendais pas à ça, et malgré tout après les premières impressions de méfiance, scènes après scènes, je m'accroche à ces merveilleux personnages. Puis arrivent les premières menaces des terroristes, les premiers dangers. Beauvois réussit un véritable tour de force, en nous racontant ce fait divers, de manière aride, il signe en réalité un grand film sur la Foi, le don de soi à Dieu et aux autres. Le film n'est pas "aimable", sans pour autant rebuter. C'est une réflexion philosophique et spirituelle très incarnée et tellement bouleversante. Et c'est aussi le grand retour de Caroline Champetier qui signe une des plus belles photos de ce festival (voir photo ci-contre par exemple). Il y a aussi les moines, comédiens sublimes et notamment, dans les rôles principaux, Lambert Wilsonn et Mickael Lonsdale. Beauvois livre son film leplus abouti, le plus profond et le plus fort. Immanquablement au palmarès.

 

Après un tel tour de force, des suicides et des attentats, j'apprends que j'enchaîne avec le Stephen Frears en officielle Hors compétition, une comédie, enfin.

Et quelle comédie ! un objet délirant, entre marivaudage et Benny Hill, Tamara Drewe est l'adaptation d'une BD érotique. L'histoire d'un village et d'une résidence pour écrivains bouleversés par l'arrivée d'une jeune fille au sein de cette petite communauté. Il y a des coups, des cris, des vaches, des oeufs, un chanteur de rock, des ados décérébrées, un salon littéraire, des coups de fusil, des pneus dégonflés... S'essouflant un peu au milieu, le film reste un bon moment de plaisir, une farce dans laquelle Frears s'en est donné à coeur joie. Un film vache qui a du chien.

A la sortie, c'est l'heure de l'apéro chez nos amis du Pacte. On croise Dhorasoo, tout excitée Thérèse lui crie "Allez l'OL!!". La journée de projo se termine dans la légèreté. Il nous reste encore de l'espoir...

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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 20:11

70_005.jpgAprès la soirée d'érotisme fou vécue hier, la semaine commence à la Quinzaine à 9h00 pour le film Israëlien Le vagabond, d'Avishai Sivan, qui raconte le quotidien d'un jeune Israelien qui tente de trouver son chemin au sein de la communeauté juive orthodoxe.

Tourné avec peu de moyen, comme une immersion dans cette communeauté, le film m'endort  à peu prêt au bout d'un quart d'heure tellement je trouve ça chiant...Au réveil, c'est toujours aussi chiant... Me rendors, déjà débiteur d'heures de sommeil, et vraiment pas passionné par ce film "je sors d'une école de cinéma et regardez comme je filme bien des choses passionnantes sans tunes"... Du coup me rendors, et au réveil, j'assiste au pire du pire, qui me fait définitivement haïr ce "machin" poseur et d'une bêtise insupportable.

On remet les compteurs à zéro, on sort du Palais Stéphanie pour y retourner aussitôt pour voir Tout va bien se passer, du Danois Christopher Boe, précédé d'une excellente réputation de "thriller haletant". Et tout s'est mal passé...

Au secouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuurs !!!!! On assiste dès le générique à un gros kloug métaphysiquo-psychologiquo-dramato-saoûlant, autour d'un homme, scénariste, qui semble perdre la raison parce que l'avenir du Danemark et accessoirement du monde dépend de lui... On touche le fond du grand n'importe quoi ininspiré, esthétique à mort avec pour seul projet de sursaturer la lumière, des comédiens au sommet de la grimacerie, et surtout un enjeu et une histoire qu'on capte dès le départ. J'ai des envies de meurtre à l'issue de la séance, ça tombe bien, on doit repasser à l'appart' pour régler deux ou trois soucis, et donc se coltiner un max de poufs, de vieilles rombières et de cakous...

 

70Au retour, suis calmé, on entre à la Quinzaine pour la troisième fois de la journée, pour Année bissextile du méxicain Michael Rowe.

Dans ce film, on fait la connaissance d'une jeune méxicaine, qui se traine dans son quotidien de journaliste à Mexico. Et très rapidement on s'enferme avec elle dans un huis-clos dans son appartement. Vieil appartement usé, moisi, qu'elle a vainement tenté de décorer. La fille s'ennuie, pleure à la vision des bonheurs alentours et des amours voisines. Et s'invente des histoires, des sorties, des menus, même, lorsqu'elle a sa mère ou ses amis au téléhone, ce qui constitue les seuls dialogues de l'immense majorité du film. Cette jeune fille est rongée d'ennui et de trouble. D'ailleurs dès les premières images, entre quelques choix de boites de conserves au supermarché, on la voit totalement déroutée à la vue d'un athlétique beau mec.

Une fois donc enfermés dans son appart' avec elle, on compte les jours de ce mois de février d'année bissextile, depuis le 1er, qu'elle marque d'une croix noire, jusqu'au dernier, qu'elle a coloré de rouge. Elle sort parfois, ramenant des gars plus goujats les uns que les autres, qui la sautent et la quittent aussitôt, plus ou moins élégamment, toujours sans tact et considération.

Puis un jour elle rencontre un garçon différent, qui va l'emmener dans des pratiques plus troublantes, qu'elle s'appropriera pour exhausser son mal-être.  C'est le film le plus troublant que j'ai pu voir depuis longtemps. D'abord parce que le portrait de cette nana est bouleversant et la comédienne splendide. Mais aussi parce que ce film sur l'intime, le trauma, la vie ou la non vie est subtile, parfois choquant, mais sans jamais provoquer, et toujours en empathie avec tous ses personnages... Je quitte la projo totalement déblayé, à l'ouest, le recommande aussitôt à Tude qui vient d'arriver à Cannes, et décide de faire une pause pour  m'en remettre, en attendant une projo de rediff' à 22h.

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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 19:03

Hier soir, soirée Acid, offerte par l'association des réalisateurs indépendants pour fêter leur programmation Cannoise. J'ai pas pu entrer à leur film  à 20h, mais je compte bien rentrer à la fête pour honorer la deuxième place lyonnaise et la qualification directe en LDC. On arrive, c'est blindé. Tant pis, je fonce, traverse la piste après être passé au bar, et me retrouve sur la plage entouré de visages connus et amis. Je rencontre le beau Grégoire, puis, à plusieurs, on refait le petit monde du cinéma français à l'heure où toute la profession tremble à cause de la numérisation des salles. Retour à l'appart' pas trop tard pour pouvoir être en forme pour la première projo dimanche matin. En attendant le retour de Thé, je commande le lillois Hazard au Père Noël via internet. Puis dodo, à bout de force, après m'être endormi sur le balcon...

 

le-quattro-volte-resize.jpgCe matin donc, première projo à 9h à la Quinzaine, j'arrive pile à l'heure, et ma toute nouvelle accréditation Quinzaine s'avère très efficace. Certes on ne m'accueuille pas dans la salle avec des putes et de la coke (c'est plutôt réservé aux joueurs de foot), mais je ne fais pas la queue et suis prioritaire. Quinzaine, tu vas me voir souvent pendant cette dizaine...

Le quattro volte de Michelangelo Frammartino est un ovni total, idéal pour démarrer une journée de projo. Lent et contemplatif, il s'ouvre sur de la fumée noire et.... des chèvres. Des chèvres, des chèvres et encore des chèvres (mais pas l'équipe de France...). Et leur berger. Un vieux monsieur, à la toux insistante et laide. Le temps passe avec eux, au rythme des journées, au rythme du quotidien. Une étrange visite à l'église, un étrange breuvage, puis une disparition. Et la vie continue. Les saisons passent, un arbre géant s'élève au dessus de ce village de Calabre, un curieux rite a lieu. Et la vie continue. La beauté plastique et la lancinante douceur de cet o.f.n.i  sont d'une incroyable simplicité. Et comme les saisons, quelques moments burlesques viennent rythmer cette immersion dans un monde inconnu et "naturel".

 

Un peu sonné par l'expérience, je rejoins les filles dans la queue de la Quinzaine à nouveau, pour voir cettte fois-ci le documentaire du Suisse Jean-Stéphane Bron : Cleveland contre Wall Street. Pure expérience de cinéma, le film montre un procès qui n'a pas pu avoir lieu, celui de la ville de Cleveland, décimée en 2008 par la crise des subprimes et des saisies immobilières par centaines, contre Wall  Street, responsable de la dîte crise. Le procès est fictivement reconstitué avec de vrais avocats, un vrai juge, l'affaire effectivement instruite, et 8 jurés pour rendre cette "justice documentaire". Le film est passionnant, d'une part par sa force vulgarisatrice qui permet de considérer la finance autrement que comme une science incompréhensible qui s'apparentrait à de la physique quantique. Mais aussi parce qu'il est un formidable récit des Etats-Unis d'Amérique, notamment sur l'aire Bush, la livraison de l'économie au seul ultra libéralisme, et qu'il donne in fine une image subtile et juste de son peuple...

 

24334 382769136259 302083826259 4176627 1465232 nEn deux films, j'ai déjà fait le grand écart. D'un côté une fiction qui s'apparente à un documentaire total. De l'autre, un documentaire qui fictionnalise la réalité pour mieux la disséquer, et la comprendre. Après ces deux bonnes claques dans le "réel cannois", le festival a vraiment commencé.

Le temps de rentrer se faire un déjeuner express à l'appart' en matant le défilé des Marséyé sureuh la canneuhbièreuh, avec son cortège de déclarations définitives anti "ce-club-qui-a-été-champion-de-franceuh-sept-fois-deuh-suite-mais-qui-a-pas-ceuh-peupleuh-derrièreuh-lui", et de constater que cette ferveur populaire mène toujours les journalistes à une forme d'onanisme vulgaire qui n'a pas disparu depuis 1993, et je repars pour une deuxième partie de journée plus trash, sensuelle et sexy...

 

 

D'abord avec la rediff' du second film de Xavier Dolan, découvert l'année dernière à la Quinzaine avec J'ai tué ma mère, et qui revient déjà, cette fois-ci à Un certain regard pour Les amours imaginaires. L'histoire d'une amitié à trois, et son cortège de jalousies, fantasmes post-adolescents et de projections. On retrouve là les mêmes qualités du premier film de Dolane, et en premier lieu des dialogues excellents et hilarants. Mais aussi une folie douce scénaristique, un sens très arty de l'image, un goût fou pour le cinéma et son référencement. Le jeune homme doit adorer In the mood for love, doit s'adorer lui-même, et adore faire plaisir au spectateur. Au bout d'une heure de rire amer, l'émotion prend chair, et le gamin est encore capable de surprendre dans une ultime culbute... bang-bang, et la vie continue...

 

Après une pause restauration gentiement préparée à l'appart', retour au Palais en espérant pouvoir rentrer à la rediff' du dernier Gregg Araki passé un séance spéciale hier soir à 00h45: Kaboom. Je ne sais rien du film, sinon qu'il a l'air d'être dans la veine barrée de ses premiers films. L'histoire, impossible à résumer en trois lignes : il y a des amours adolescentes, du sexe, hétéro, gay, bi, de la drogue, une secte, une sorcière, des hommes à tête d'animaux, des lesbiennes endiablées, des frèers et soeurs troublés, une mère surbookée, etc, etc... Et surtout, derrière la maestria de la mise en scène kitch d'Araki qui se joue de tous les codes des teen movies, et autres films de genre à destination des ados, une bande-son dingue post rocko shoegazo planante. Objet compilant à la fois sa filmographie et la culture pop totale, ce film fout souvent "la trique" et nous apprend au passage comment s'occuper du clitoris d'une meuf sans avoir l'air de manger un plat de spaggheti...

 

 

Gregg-Araki-Kaboom-1.jpg

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15 mai 2010 6 15 /05 /mai /2010 20:41

tournee-5_galleryphoto_paysage_std.jpgEn route pour le festival de Cannes, l'occasion était trop belle de s'arrêter à Lyon pour participer une nouvelle fois aux Nuits sonores...

 

Rendez-vous pris jeudi à 16h à la piscine du Rhône, pour une une après-midi Kill the dj, avec Pilooski pour démarrer en douceur mais efficacement. Puis Jennifer a pris les commandes, suivie de Smagghe, et, pour finir, les écossais d'Optimo... Douce après-midi électo bondissante, avec les lyonnais, les parisiennes et les sudistes. Bons délires sur nos trois célibataires en quête d'action, "les 3 C", occasion de retouver le beau Benjamin M., connu quand je l'avais eu comme élève d'un stage vidéo au siècle précédent, perdu de vue il y a six ans... Après la Kill the swimming pool, after chez la Christiane, où on a habillé "les 3 C" pour l'été, l'automne et l'hiver prochain.

 

Vendredi, journée tranquille,  on se remet de nos émotions, déjeuner en famille avec ma "petite tatie" et la folle. Puis Nuits sonores place Maréchal Liautey, avec en final le live de Mathias Aguayo.... Apéro chez Sharon, qu'est toujours aussi stone, puis soirée en tête à tête avec la folle.

 

Samedi matin réveil ultra difficile et chaotique, tram, train. Et là, c'est le drame... Le train est envahit par une floppée de mecs plus sexs les uns que les autres, portant TOUS le maillot Olympien bleu ciel et blanc. Trop de Direct Energie me pompe l'énergie, et je dors quasiment tout le trajet, non sans mater à droite et à gauche quelques bombasses sur-testostéronées...

 

Arrivée à Cannes la tête dans l'cul. Dans toutes les rues des maillots bleu ciel et blancs, des poufs à faire passer Zahia pour une religieuse (pâtisserie fourrée à la crème), de la vulgarité et de la beaufitude.... Comme d'hab quoi... Petite réunion avec le boss, débrief des films déjà vus. A éviter : la daube Wall street II, un film allemand abject apparemment sur les jeunes en prison. A voir absolument: le Coréen The housemaid d'Im Sang Soo. Retrait des accrèditations diverses, premier repas de la journée à 18h, puis on fonce à l'ACID à 19h30 pour "Robert Mitchum est mort" à 20h. On ne rentrera pas... ça commence.... Et tous ceux qu'on rencontre en sont à leur troisième queue de la journe sans pouvoir rentrer. Le Xavier Dolan, 1h de queue sans pouvoir rentrer, à la Semaine de la critique, 1h30 de queue...

 

Retour maison, avec le regret de ne pas être resté à Lyon pour pouvoir fêter la dernière de Sid Vicious. Images en direct chez I télé, attente patiente de la soirée Acid prévue au pied du Palais.

Le festival s'est mal engagé, les Marseillais me fatiguent déjà, mais j'm'en fous. J'ai déjà un favori, un pur bonheur de cinéma, vu à Paris juste avant d'arriver et présenté jeudi matin en compétition: Tournée, de Mathieu Amalric. Un bijou d'or et de chair.

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