Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
24 septembre 2009 4 24 /09 /septembre /2009 15:43
David Lynch ne réalise plus de longs métrages pour le moment et vu comme il part en vrilles, j'ai bien peur qu'aucun producteur ne soit prêt à le suivre prochainement.

Aux dernières nouvelles il a produit la série documentaire de son fiston pour Davidlynch.com, puis illustré des vitrines des Galeries Lafayette pour cette rentrée (jusqu'au 3 octobre sur les grands boulevards).

Au tout dernier Festival du film de Venise, Werner Herzog, lui, présentait un remake de Bad Lieutenant d'Abel Ferrara. Mais pas seulement. Un film surprise était annoncé, lui aussi réalisé par Herzog : My son, my son, what have you done, dont voici le premier trailer.

C'est David Lynch qui en est le producteur executif,  ça se voit et s'entend dans le trailer. On remarquera en plus de Willem Dafoe (découvert dans Sailor et Lula), la présence furtive de Grace Zabriskie, comédienne habituée du Lynchland (Sailor et Lula, Twin Peaks, Inland empire...) et on retrouvera des intonations musicales très proches de Lost Highway... Frissons garantis, on en salive d'avance....

Repost 0
Published by V@lmito - dans cinéma
commenter cet article
23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 16:15

Qui a eu la bonne idée d'aller voir Toy boy ? Pas moi. Qui a eu la mauvaise idée d’accepter l’invitation d’y aller? ma pomme. Toy boy, c'est typiquement le film que je n'ai pas envie de voir, et pourtant j'y vais, par la seule grâce de son comédien principal : Ashton Kutcher... (Oui, oui… la jolie gueule d’américain moyen connu pour être Monsieur Demi Moore qui raconte sa life et montre son cul en temps réel sur Twitter…).
Toy boy, de David Mackenzie, c’est l'histoire de Nikky, séducteur débarqué à L.A. pour y mener la belle vie, grosso modo en s'y faisant entretenir par des femmes, friquées si possible, extrêmement friquées de préférence. Après s’être joué d’une très riche avocate tombée amoureuse de lui, il va, comme pour les autres, l’abandonner comme un déchet pour la remplacer par une petite garce tout juste post pubère…

La suite des aventures de Nikky va révéler que c’est à son tour de se faire avoir, à travers une sorte de « parcours initiatique » pour ce jeune homme sans scrupule. Dis comme ça, ça a l’air con. Et en effet, c’est con. Ni drôle, ni émouvant, paré d’une mauvaise morale à deux balles, le film ne vaut que pour Kutcher. Mais attention, à condition d’être sensible à ses charmes, car Kutcher comédien, c’est pas possible : quand il est mécontent il fronce les sourcils, quand il est triste il a les yeux dans le vague, quand il réfléchit il lève plus ou moins les yeux vers le ciel. Et c’est bien là toute sa seule panoplie de comédien, c’est un peu court.

Court comme ses vêtements qui eux, laissent entrevoir le seul intérêt du film, la plastique assez phénoménale du beau gosse, à condition d’y être sensible.. Où on le voit à poil tout le film.

La démarche lascive, en maillot de bain au bord d’une piscine qui surplombe L.A. (oui, tous les clichés y sont), déambulant fesses à l’air sous un tablier, ou allongé fesses qui dépassent du pantalon pendant qu’il culbute Madame; tout est bon dans l’poisson, et pour le vendre, il faut bien le mettre en valeur sur l’étale. Et c’est bien à ça que sert le film : pas à mettre en valeur les talents de comédie du petit Ashton, mais sa plastique à rendre vert de jalousie le premier Ribery venu. Si on ajoute que tout cela est filmé comme un long clip, ce qui, au bout d’une heure commence à fatiguer les yeux, que l’avocate est jouée par Anne Heche, refaite de fond en comble, afin qu’elle ressemble à une Paris Hilton de 35 ans, et que le sémillant jeune homme est coproducteur du film, on se sera fait une petite idée de ce que peuvent être ces 90 minutes de « cinéma » : du néant intersidéral dans une enveloppe esthétiquement conforme aux normes imposées du moment. Ashton Kutcher, quoi.

 

 

toutes images copyright MK2 Diffusion

Repost 0
Published by V@lmito - dans cinéma
commenter cet article
16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 15:57

Il y a encore quelques jours je discutais avec des amis de David Lynch, quasi disparu depuis Inland Empire, et avouais être presque certain que mon Maître ne ferait plus jamais de longs métrages. Vue la route empruntée par l'industrie cinématographique et vus les chemins de traverses choisis par Lynch, il me parait évident qu'il ne trouvera plus jamais suffisamment d'argent pour un long métrage. Même Studio canal, qui avait produit Inland empire, semble plus engagé dans la production au kilomètre de bouses françaises genre "ne te retourne pas, mange ta soupe, tout va bien, j'vais faire une rando".
Mais en lisant Le Monde du jour, j'apprends que Lynch est de retour. Pas avec un film, malheureusement, mais sur un concept alléchant: Le cinéaste mettra en scène du 2 septembre au 3 octobre, dans le cadre de la manifestation "Femmes d'influence", onze vitrines du grand magasin Les Galeries Lafayette. Le vestiaire de 3 femmes mythiques, Joséphine Baker, Audrey Hepburn et Madonna, y sera présenté. Les photographies et les lithographies du cinéaste seront parallèlement présentées à la Galerie des galeries, au premier étage du magasin.
Yeah.



Pour le plaisir, une petite vidéo privée du Maître, sur Hollywood Boulevard, avant les Oscars 2007, faisant la promotion de Laura Dern (dans Inland Empire) pour une nomination aux Oscars, avec... une vache.


Repost 0
Published by V@lmito - dans cinéma
commenter cet article
15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 17:39
Un objet filmique apparemment déjanté à venir...

Repost 0
Published by V@lmito - dans cinéma
commenter cet article
5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 11:34
Après l'énorme et irrésistible trip psychédélique sorti l'année dernière (Le voyage aux Pyrénées), les frères Larrieu (Fin d'été, Un homme un vrai, Peindre ou faire l'amour) reviennent cette année avec Les derniers jours du monde. Et autant Le voyage aux pyrénées était drôle, hystérique, perché, autant ce voyage est glauque, triste et déprimé. La descente post champis paraît difficile.




Le film s'ouvre sur un sublime plan, probable hommage au Mirage, chef d'oeuvre de Jean-Claude Guiguet (Les derniers jours d'une vie) : le ciel, les arbres et la nature sont envahis de petites particules qui flottent légèrement dans l'air. On est à Biarritz, et on suit Robinson, Mathieu Amalric, dont les parents ont disparu récemment, et qui, errant dans sa  vie, s'apprête à écrire son histoire. Comment il est tombé follement amoureux, comment il a perdu son avant-bras droit. Pour cela, il va s'acheter un cahier à la librairie papèterie. Mais il n'y a plus de cahiers, plus de papier, parce que c'est ... le chaos.

Un virus détruit les populations, une guerre mondiale se prépare à Moscou, la pollution des puissants tue la population à petit feu, c'est la crise sociétale totale. Alors la libraire, Ombeline (sublime et géniale Catherine Frot, bouleversante tout le film), va conseiller à Robinson d'acheter un petit livre de cuisine dont une page sur deux est blanche afin que la cuisinière puisse annoter les recettes. Et il va commencer à nous raconter son histoire en écrivant son livre: Un an plus tôt il a rencontré Lae (Laetitia), jeune métisse garçonne, sorte d'ange tombé du ciel, comment ils sont devenus amants, puis comment il quittera sa femme... En parrallèle à ces flash backs, la vie continue, Robinson croise souvent Ombeline, retrouve son ami d'enfance (Sergi Lopez), et la fin du monde s'installe. Jusqu'à ce qu'il faille prendre la fuite, passer les Pyrénées, et partir au Pays Basque Espagnol, direction Saragosse ("sa mère"...). Il a aussi une fille, qui prendra la fuite par la mer, là où les parents de Robinson ont perdu la vie. Et il a aussi son ami d'enfance qui aurait une fille, et....
Tout en en disant beaucoup, j'ai à peine dévoilé le scénario, tellement comme chez Almodovar, l'histoire navigue, s'entrelace autour de Robinson, au fur et à mesure du voyage, au fur et à mesure des rencontres. La caméra (Arbogast, énorme boulot d'image, de lumière et de cadrage) elle aussi nous enveloppe, et nous porte sur les flots du chaos. Car chaque étape du voyage, chaque ville, apporte sa dose d'athmosphère "fin du monde". Une bombe atomique tombe à Moscou, le gouvernement français s'installe à Toulouse, et Robinson, durant son voyage, au hasard des multiples rencontres, continue sa quête, celle de l'être aimé disparu, au delà des "événements", de l'anarchie s'installant, et au delà de la perte de tout (et tous). La sombre étrangeté qui règne dans tout le film, le faux rythme désabusé de l'histoire, la lente valse de la caméra nous plongent dans un état de léthargie effrayée.


Et puis il y a la fête (de Pampelune ?), moment d'extase et de grâce sublime, émotionellement dévastateur, parce que ce sont des scènes "de tous ensemble", là, juste de l'autre côté de la frontière, des scènes de fêtes, de communion, de folie collective festive, alors que le chaos est aux portes de la ville. Une autre idée "d'être ensemble ?". Pourtant le terrorisme est tout proche aussi, et il faut repartir en France. Rouler, une fois de plus se fondre dans la nature. Car chaque voyage, chaque nouvelle étape, est l'occasion pour Robinson de se confronter aux limites des déplacements mécaniques, et de toujours finir à pied, seul face à la nature, dans les Pyrénées, dans le Lot, ou aux portes de Paris. Nature amicale, bienveillante et belle, comme toujours chez les Larrieu.
Car on est bien chez les Larrieu, les deux frères cinéastes poètes, leur arnachisme libertaire, leur lutte des classes séxuée, dans cette fin du monde, tel qu'on le connaît et qu'on le vit aujourd'hui. Mais aussi dans cette quête de liberté, de renoncement aux conventions, parfois salvateurs (la scène de pure "lutte des classes" avec le cocktail bleu au chateau). On retrouve également leur folie et leur incongruité, dans les séquences de chaos notamment. Surprenants, mais toujours poêtes. Comme chante leur ami Philippe Katerine: "Poëte, poëte... Pouet pouet !!!". Pouet pouet les "chattes", pouet pouet le cul, pouet pouet les morts, les accidents, les bourgeois, la religion, et les mouches.
Dépréssifs les frères Larrieu doivent l'être, car rarement dans le cinéma français, on aura réussi à imaginer et créer une telle athmosphère apocalyptique, de dérèglement d'une société en train de se désarticuler. J'ai repensé à Malville qui, quand j'étais gamin m'avait traumatisé par ce genre de sensations. La force du film réside déjà là, dans cette perte, peu à peu, de repères, dans cet inconfort. Mais aussi dans la quête de liberté de Robinson, jusqu'au bout, et sa liberté est enchaînée à son Amour. A son coeur. Et à un cul. Sublime fin dont je ne dirai rien, mais durant laquelle, entendre Léo Ferré ne m'a jamais autant bouleversé.


Mais avant les derniers jours du monde, longtemps avant, il y a eu "l'Origine du monde" de Gustave Courbet, cité à chaque apparition d'un sexe féminin (et il y en a pas mal !). Mais pas seulement. Courbet, dont "beaucoup de tableaux étaient des "allegories réelles", certains constatant l'étroitesse et la rigidité de l'ordre social et mettant en lumière les facteurs concrets d'oppression, et d'autres exaltant les forces de vie et la nature infinie" *. On a l'impression que c'est tout cela à la fois que les frangins racontent, montrent, dessinent et filment : la fin d'une société et d'un ordre social, la générosité et la beauté de la nature, la force de la vie. Comme Courbet, ils "embrassent généreusement le mouvement des idées et des sensibilités du siècle, et perçoivent comme un tout les phénomènes sociaux et l'histoire naturelle des éléments"*.

D'une sincérité inouïe, parfois casse-gueule, le propos des frangins m'a ému, spectateur attentif du règne du chaos, chaos des coeurs et chaos des corps.



PS: je suis prêt à prendre les paris que certains critiques bienveillants mais faux-derches vont parler d'un grand film malade, plutôt qu'un grand film tout court.

*Pierre Georgel dans l'article Gustave Courbet (Universalis)

.
Repost 0
Published by V@lmito - dans cinéma
commenter cet article
29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 12:57

Vu hier le nouveau Woody Allen, Whatever works. Après un passage plutôt réussi et rafraichissant en Europe pour quelques films, Woody est reparti à New York, et revient, avec cette nouvelle comédie, aux fondamentaux de son cinéma. Dès le générique, la typo, la musique (jazz), et les rues de New York, on se retrouve en terrain connu, pour le meilleur.

 

C’est l’histoire de Boris Yellnikoff, brillant misanthrope, qui un soir en rentrant chez lui tombe sur une jeune fugueuse. Pris d’affection pour la gamine, il l’héberge. Elle va changer sa vie, mais pas seulement, car lorsque ses parents vont retrouver sa trace à New York, ils vont débarquer et tout va partir en sucette… Allen nous sert un film ultra bavard, très proche de ses films des années 80, s’accorde même quelques clins d’œil à la manière de La rose pourpre du Caire. Les dialogues, sarcastiques, sont d’une férocité extrême, souvent encrés dans le réalisme (allusions à la crise, Obama, aux studios Hollywoodiens…), dans un débit ininterrompu. Les ressorts scénaristiques fonctionnent comme une sitcom, il suffit d’une rue, un appart’, ou une galerie, et les personnages se débattent à coups de formules et bons mots. Chacun en prend pour son grade, le milieu arty de NYC, les néo conservateurs de l’Amérique profonde, et Boris lui-même, en double de Woody Allen.

 

Sans concession, parfois affreux, sale ou méchant, Allen retrouve la verve de ses grands films pour nous expliquer que finalement, tout est possible… tant qu’ ça marche… Whatever works….

Sortie nationale le 1er juillet 2009

Repost 0
Published by V@lmito - dans cinéma
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de V@lmito
  • Le blog de V@lmito
  • : 36.15 j'raconte ma life.com, mais surtout j'écris des conneries, je parle de ciné, de foot, de zique, de bogoss, et aussi d'Anthony Mounier.
  • Contact

Recherche

Catégories